SUR L’ AGRICULTURE.
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propose de créer un conseil de laboureurs, de diminuer le nombre des fêtes (1).Avant lui, Gutierrez de S aimas, contemporain de Herrera, demandoit uneassociation pour secourir quiconque feroit des pertes de bestiaux , en répar-tissant le prix sur chacun des associés (2). Telle est l’excellente vue que réalisadernièrement la Hollande, par une assurance de chaque bête à cornes, au moyend’une très-modique avance.
Deux pragmatiques, l’une de Philippe II , en 1594, l’autre de Philippe IV , eni 633 , avoient accordé aux laboureurs le privilège de ne pouvoir être arrêtés pourdettes , pendant les six derniers mois de l’année, à moins qu’elles ne fussent pro-venues de délits.
En 1616, on avoit formé à Huesca un Mont-de-piété pour les laboureurs ; éta-blissement utile , si les effets n’en avoient été combattus par une multituded’obstacles également funestes à l’agriculture et à ceux qui s’en occupoient.Hâtons-nous de consigner ici, qu’en 1802 la Société Aragonoisc en a établi unà Sarragosse.
Un oncle de Columelle avoit croisé avec succès les bêtes à laine d'Afrique et d’Espagne : dès le temps de F line et de Virgile , les laines de cette dernièrecontrée avoient de la réputation. Le mérinos, qui est la race pure d’Espagne ,est-il originaire d’Angleterre? Ou, la race angloise est-elle le résultat d’une espècecroisée avec le mérinos? Cette question a été discutée parla Société Biscayennedes Amis du pays ( 3 ), par N élis (4) , par Alstrom ( 5 ), et par notre collègueLasteyrie ( 6 ) , qui, en ce moment, visite de nouveau l’Espagne avec le zèleet le tact d’un homme exercé dans les objets d’économie rurale . Ce problèmehistorique sera l’objet d’un mémoire particulier de notre collègue Huzard (7).
Il est probable que les troupeaux furent transhumans , c’est-à-dire errans, dèsla naissance de l’art pastoral. Leurs courses furent restreintes par la circons-cription des propriétés dans les contrées populeuses : il faut en excepterl’Espagne , où les troupeaux transhumans devinrent communs vers la fin duquatorzième siècle , de-là naquit la Mes ta (8).
La Mesla, espèce d’Etat dans l’Etat, est une confédération des propriétaires degrands troupeaux contre les propriétaires de terres. Cette corporation de bergersest composée de grands seigneurs et de moines opulens : c’est la ligue des forts
(1) Theatro critico, etc.
(2) Discurso del Pan y del Vino , etc.
( 3 ) Ensayo de la Sociedad Eascongada delos Amigos del pais. Vitoria , 1768, in-8°.
( 4 ) Mémoire sur les Vigognes , dans lesMémoires de l’Académie de Bruxelles ,tome I.
( 5 ) Essai historique et politique sur larace des Brebis à laine fine , tiré du suédois.Saarbruck , 1774,^-8°.
(6) Traité sur les Bêtes à laine d’Espagne .Paris , an VII, in-8°.
(7) La bienveillance avec laquelle il com-munique les livres rares de sa bibliothèque
vétérinaire , la plus complète peut-être quiait jamais existé , y ajoute un nouveau prix.Cette bibliothèque contient de quoi faire unample supplément à celles de Haller, Lastri,Amoreux , Boehmer, etc.
(8) Le mot transhumant ne se trouve dansaucun de nos Dictionnaires. Les Provençauxl’ont tiré de deux mots latins , trans et hu-mus , pour exprimer le passage des bêtes àlaine d’une terre dans une autre. Les Espa gnols disent trashumante. Le mot mesta estanalogue à l’espagnol , mestal, qui signifieterre aride et inculte , résultat nécessaire duparcours illimité des troupeaux.