ESSAI HISTORIQUE
cviij
terre leur subsistance. Au septième siècle , les Bohémiens tirèrent de la charrueleur duc Primislas ; le champ qu’il cultivoit se nomme encore le champ du roi.
Par-tout où vous trouvez une république , là certainement fleurit l’agri-culture ; et jamais la terre humectée des larmes d’un esclave ne prodiguera sesdons comme lorsqu’elle est arrosée des sueurs de l’homme libre. C’est ia libertéqui , chez ces respectables Helvétiens , fertilisa des rochers, fit croître desmoissons à côté des glaciers, et planta des arbres à fruits sur les flancs escarpésdu Saint-Gothard . Au seizième siècle, l’agriculture qui, jusques-là , en Suisse ,n’avoit été qu’un art, monte au rang des sciences par les soins des Bauhins,originaires de France , de T. Zwinger (1), de Conrad Gesner } qui a composéun ouvrage sur le lait et les laiteries (2).
C’est encore l’avantage inestimable de la liberté, qui, autour des villes Anséa-tiques , appela et fit fleurir l’agriculture. D'ailleurs, ces cités commerçantesayant des rapports avec les régions étrangères , en rapportèrent des graines ,des plantes , et l’art de les cultiver.
Après l’écriture, l’invention la plus belle est l’imprimerie , et grâces à ce belart, qui n’eut pas d’enfance , plus de cinquante ouvrages géoponiques, originauxou traduits , anonymes ou avec noms d’auteurs , plusieurs concernant lesJardins , les uns pour les célébrer, les autres pour en décrire la culture ,furent publiés en Allemagne , dans les seizième et dix-septième siècles. Tels sontentre autres, les traductions des agriculteurs grecs et latins, par Herzen; cellesde Pierre de Crescens , de la Cueillette de la soie , de notre Olivier de Serres ; les ouvrages de Cognatus ( 3 ), de G. Marins (4), de J. Camerarius ( 5 ),de Voigts (6), de Donizer (7), de Moller (8), de Coler (9), de Sejdelcr{\o),
(1) Methodus Rustica Catonis atque Far-ronis , etc. Basileœ, i5y6, in-8°.
(2) Libellus de Lacté et Operibus Lacta-riis,etc. Tiguri, i54i,in-8“.
(3) De Hortorum Laudibus. Basilece ,x546.
(4) Paralipomena et marginalia Hortula-nica : das ist, Gartenkunst zum Feldbauangehorig, etc. Strasburg , i568 , in-fol.
(5) 'E*Afxr« ytapyixct , sive Opuscula quce-dam de Re Rustica ,partira collecta, partiracomposite, etc. Norimbergœ, 15ç6, in-8°.Lapremière édition est de Nuremberg , 1577,in-4 0 . C’est à tort que Haller ( BibliothecaBotanica, tom. I , pag. 271) en indiqueune de i53ç, in-8°., aussi à Nuremberg , etqu’il attribue cet ouvrage à J. Camerariusle père : il est du fils , qui portoit le mêmeprénom , et qui est né en i534- Le titre del’édition de , que ne cite point Haller,et la souscription de l’épître dédicatoire , nelaissent aucun doute à cet égard : on lit , àD. Joachimo J. F. Camerario , medico No-
ribergensi ÿ ce qui étoit necessaire alors pourqu’on n’attribuât point cet ouvrage à Came rarius le père , qui n’étoit mort que depuispeu d’années (i5y4) , et ce qui n’a point étérépété dans l’édition in-8°. de i5q6.
(6) PJlanzbüchlein. Breslau , i54i.
(7) De Stirpium Culturd. Francofurti,x547,in-8°.
(8) VFinterfeldbau , v,ie das feld imHerbst am bequemsten zu bestellen. Leip-zig, i583 , in-4°. On voit par les dates desouvrages cités, que Moller n’est pas , commele dit Rè , le premier qui ait donné des pré-ceptes agraires en allemand .
(9) Oekonomie-oder Haussbuch. TVitte-berg, 1593—1612, 6 vol. in-4°- Lesouvrages de cet auteur, long-temps clas-siques en Allemagne , ont été réimprimés ungrand nombre de fois , in-4°- et in-fol. Il adonné aussi : De Bombyce Dissertatio.Giessœ Hassorum, i665 , in-4°.