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Tome I.
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CXII
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ESSAI HISTORIQUE

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ne sont communément que les résultats de la tyrannie ; les excès ont du moinsl’avantage de rappeler aux peuples leurs imprescriptibles droits.

L’ouvrage contient des recettes pour préparer l’hydromel et la bière. LesNorvégiens aimoient beaucoup les vers dans le fromage ; quelques-uns de cesfromages étoient si durs, que leur écorce servoit de bouclier à la guerre. Olausprétend que les Vestrogots l’emportoient sur tous les peuples dans la préparationdes fromages ; ils en avoient de si gros , que le poids d’un seul excédoit presqueles forces de deux hommes (1). Misson assure qu’à Parme on en a vu quipesoient cinq cent livres (2). Je tiens d’un savant Danois , Heiberg , qu’à Tye ,en Jutland , on en fait de cette énorme grosseur.

Autrefois, dans le Nord, c’étoient les femmes qui s’en occupoient ; les hommesn’avoient pas droit d’y assister. Quelque préjugé sans doute les excluoit de cetteopération. Ce n’est pas le seul qui soit mentionné dans le livre d 'Olaus : tel étoitl’usage de faire bénir par un prêtre le champ qui avoit été souillé de sanghumain , afin de lui rendre sa première fertilité.

Les femmes même s’exerçoient à dompter les chevaux, car elles n’étoient pasétrangères aux travaux extérieurs , sans négliger les soins du ménage. L’auteurtrace un tableau touchant de leurs occupations domestiques (3). Actuellementencore , en Suède , il n’est pas rare que des filles fassent le métier de postillon.

Olaus parle de maisons bâties avec des côtes de cétacées, et il en donnemême la figure (4). Ainsi, au Helder , à la pointe de la Nord-Hollande , onemployé les côtes de baleine non à bâtir, mais à clorre les héritages ; et, dans cecanton dénué d’arbres , elles servent encore de point d’appui aux bêtes àcornes pour se gratter.

Le jardinage s’est perfectionné en Prusse, et même plus avant dans le Nord,par les protestans François qu’avoit proscrits un roi bigot qui n’eut pas le couragede s’élever jusqu’à la piété. Une autre circonstance avoit favorisé l’hortolage enDanemarck : Cateau remarque que le goût d’Isabelle, épouse de Christiern,pour les légumes des Pays-Bas , sa patrie , fut cause qu’on en fit venir desjardiniers ; on leur céda l’ile d’Amalk, voisine de Copenhague ; on leur accordades privilèges dont leurs descendans continuent de jouir , en conservant lecostume , les usages, la langue de leurs ancêtres (5) ; et même, sur quelquesarticles , ils sont encore gouvernés par les lois de la Frise.

N’oublions pas une circonstance qui a contribué à vivifier l’agriculture enDanemarck et en Suède : les paysans y jouissoient d’une existence politique;dans les États-généraux de ces contrées, il y avoit l’ordre des laboureurs. Jeremarque avec plaisir que, cependant, ils ne furent pas représentés en Dane-marck, dans la fameuse assemblée de 1660, qui consacra le despotismè : du moinsils n’ont pas contribué à donner à leurs descendans des fers dont, à la vérité ,le poids est allégé par la justice des gouvernans ou par l’ascendant de l’opinion.

(1) Historia de Gentibus, etc., lib. XIII,cap. XLVI.

(2) Voyage d’Italie. Paris , 1743 , in-12,tome III, page 177.

(3) Historia de Gentibus t etc., lib. XV.

(4) Ibid., lib. XXI,, cap. XXIV.

(5) Tableau des Etats Danois, etc. ,tome II, page i36.

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