SUR L’ AGRICULTURE.
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La reconnoissance des laboureurs éleva un monument à Bernstorf : sonneveu, mort depuis quelques années , et auquel les Danois doivent l’établis-sement d’une Ecole vétérinaire , en a un autre dans le coeur des Nègreset de tous les amis de l’humanité $ mais où placeront-ils le fils de ce dernier ,s’il n’exécute pas la loi concernant l’abolition de la traite ?
J’ai regret de n’avoir pu trouver l’ouvrage d ’Arent Berentsen , sur lafertilité du Danemarck et de la Norvège (1) , ni celui de Chrétien Gartner,concernant le jardinage de cette dernière contrée (2). Pontoppidan , qui lescite, n’indique pas letat des connoissances agronomiques de la Norvège auseizième siècle j elles étoient probablement très-resserrées , puisque, en 1624 ,des étrangers venus à Sondenfield, enseignèrent aux paysans la manière deconvertir leurs forêts en terres arables, et de les fertiliser avec des cendres (3).
La proportion entre la partie cultivée du pays et la partie inculte étoit, selonPontoppidan, comme un à quatre-vingt. Si quelquefois la disette affligea laNorvège , d’autres fois la récolte fut abondante , au point qu’on put vendre unsuperflu d’orge et de seigle aux provinces limitrophes de la Suède (4).
Les îles Feroë jouissent également d’une certaine fertilité, puisque ThomasBartholin y a vu cinquante épis issus d’un seul grain d’orge (5).
Pourrions-nous passer sous silence cette Islande qui, dans le moyen âge,devenue une république , avoit imposé à ceux de ses habitans qui voyageoientchez l’étranger , l’obligation de se présenter à leur retour devant le Magistrat,pour lui communiquer les observations applicables au bien de leur patrie ?
Snorronius , Islandois , qui a publié un traité historique sur l’agriculturede cette île , établit, par des preuves incontestables, qu’au dixième siècle elley étoit florissante. Après s’être soutenue jusqu’au quatorzième , elle déclinasensiblement par l’effet des émigrations, des guerres civiles et des maladiescontagieuses. Snorronius indique la possibilité et les moyens de réparer cesdésastres : un sol où la fève croît spontanément, ne se refuse pas à diversescultures ; il conseille, entre autres, celle du hn de Sibérie ( 6 ).Horrehow a donnéde nouvelles preuves de la fertilité de cette île , où il a trouvé dans un étatprospère le groseillier, le chou, le navet, les pois, etc. (7). D’ailleurs, lepays a des pâturages , puisque von Troil y a vu des paysans qui avoient dedeux cents à quatre cents moutons (8) : ces troupeaux passent l’hiver en pleinair. L’Islande participera sans doute à l’impulsion donnée, dans les contréesdu Nord , vers les établissemens utiles ; elles sont les premières où l’enseigne-ment de l’agriculture est devenu classique , et celles où l’on marche avec le plusde constance au bien général.
(1) Danmarks oe Norgis fructhar Her-lighed, etc. Kiobenhavn , i 655 , in- 4 °.
(2) Underviisning , etc. Nidros. , 1746 ,in-8°.
( 3 ) The Natural History of Norway , etc.London, ij55 , in-fol. , pag. io 4 -
( 4 ) Ibid., et pag. suiv. _
( 5 ) Ibid. , pag. 100.
(6) Tractatus historico-physicus de Agri-culturâ Islandorum. Hauniæ, 1767, in-8°.
(y) Nouvelle Description de l’Islande , etc.Paris , 1764, in-12, tome I, page i 34 etsuivantes.
(8) Lettres sur l’Islande. Paris , 1781 ,in-8°., page 110. L’auteur est mort récem-ment, archevêque d’Upsal.
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