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Tome I.
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ESSAI HISTORIQUE

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portails que lhistoire des derniers siècles offre à léconomie rurale et politique (1).Ce problème sapplique aussi à larticle suivant, pour lequel néanmoins on aplus de secours , parce que les lumières se propagent toujours avec la liberté.

Hollande.

Dans les riches plaines de la Belgique , il suffit de seconder lexubérance dela nature ; au lieu quelle exige de plus grands efforts dans les vastes landes duBrabant Hollandois et dautres parties de la Batavie , l'exemple de la Belgique ,sur la préparation des engrais, na point exercé dinfluence. Cette branche déco-nomie rurale y est, comme par-tout (à quelques exceptions près), très-peuavancée ; et jusquà nos jours , au-delà dAlkmaër et ailleurs , sest conservélusage irréfléchi de placer les fumiers en plan incliné , près des canaux,sécoulent les eaux chargées des principes les plus précieux de la végétation.

Au seizième siècle, la Hollande nétoit pas citée pour la beauté des bêtes àlaine ; mais elle tira des Grandes Indes une variété qui réussit dans la Frise Orien­ tale et ailleurs, et dont la toison égale en finesse les meilleures dAngleterre (2);elle est remarquable, dit Lasteyrie, par la grandeur et la beauté des formes,par de grands produits en laine , en lait, et en agneaux (3). Cette race avoitpassé de Hollande en France ; et Querbrat Calloet assuroit, en 1666 , quelleprospéroit dans les marais de la Charente , de lAunis et du Poitou (4).

Nous avons nommé la Frise, cest une des provinces les plus riches en pacageset en troupeaux ; elle a vendu, en 1802 , du beurre et des fromages pour onzemillions de florins ( vingt-trois millions de notre monnoie) (5). Les procédés aumoyen desquels on les prépare furent décrits, vers le milieu du dix-septièmesiècle, par un savant de cette contrée, Martin Schoockius (6) , qui fit aussi untraité sur la bière (7), dont ses compatriotes faisoient une grande consommation.

Cette boisson devoit trouver place dans mon ouvrage, à raison de lemploidu grain quelle nécessite, et du houblon, dont la culture a été lobjet de plusieurstraités. La bière fut inventée, dit-on , à Peluse. Hartig prétend que lesEgyptiens ajoutoient à lorge des lupins, en place du houblon quils ne connois-soientpas (8). Valnumt de Bomare indique le ménianthe, ou trèfle des marais,comme un stomachique puissant qui peut remplacer le houblon ; et il sembledire quen Angleterre, dans le Hampshire , on sen sert de cette manière (9).Les informations que jai prises sur les lieux nont pu men fournir la preuve.

(1) On pourra lire, à ce sujet, une note denotre collègue François ( de Neufchdteau ) ,insérée dans ce volume, pages 182 204.

(2) Ensayo de la Sociedad Bascongada,etc. , pag. i 3 o.

( 3 ) Histoire de PIntroduction des Mou-tons à laine fine dEspagne dans les diversEtats de P Europe, etc. Paris , 1802, in-8°.,page 240.

( 4 ) Moyen pour augmenter les revenus duroyaume de plusieurs millions, etc. Paris ,1666 , in-4°., page 3.

( 5 ) Ce fait ma été attesté en Hollande pardes personnes instruites.

(6) Tractatusde Butyro.Groningœ, 1664,in-12.

(7) Liber de Cerevisid, etc. , déjà cité.

(8) Observations sur les progrès et la dé-cadence de P Agriculture chez les ancienspeuples , traduit de P allemand , par Leroi-Lozembrune. Vienne, 1789, in-8°.

(9) Dictionnaire dHistoire Naturelle, etc.Paris , 1791, in-8°., articles Buck-Bean etTrèfle de marais.