SUR L’ AGRICULTURE.
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Les houblonnières , qui formoient sans doute autrefois une grande partie dela culture Hollandoise , ont cédé la place à d’autres productions, parce qu’onfait de la bière sans houblon , et sur-tout parce qu’actuellement, en Hollande,l’usage de cette boisson est extrêmement diminué depuis l’introduction desboissons chaudes en Europe . Amersfort, qui comptoit environ soixante bras-series , n’en a plus que deux. On assure que, par ce changement de régime, lescalculs urinaires , autrefois communs, y sont devenus fort rares ( 1 ). La raretédes maladies de la vessie est un fait indéniable ; mais la cause qu’on assigneest néanmoins contredite par des médecins François , au dire desquels la bièrelégère peut être administrée utilement contre la maladie dont on vient deparler. Cette discussion est étrangère à mon sujet, auquel je reviens.
On doit aux Hollandois l’art de rendre les fleurs doubles, secret inconnu auseizième siècle ( 2 ) ; de l’agréable ils ont su tirer l’utile : la culture des fleursdevint, à Harlem sur-tout, l’objet d’un commerce et une source de richessesqui n’est pas tarie. Beckmann a recueilli divers faits pour prouver à quel pointon a poussé la manie sur cet objet : un oignon de tulipe fut vendu quatre millesix cent florins, avec une voiture neuve et deux chevaux ; un autre,à Alkmaër,fut payé sept mille florins ; un autre, échangé contre douze acres de terre, etc.Le jésuite Ferrari, qui écrivoit en i633, vante l’adresse des habitans desPays-Bas, non seulement à cultiver les fleurs, mais encore à les imiter en soie,de manière à tromper l’œil le plus exercé (3).
Si plusieurs contrées de la Batavie sont encore des déserts , le défaut depopulation n’en est pas l’unique cause. Le Gouvernement des Provinces-Unies regardant les marais de la partie orientale comme une barrière naturelle contrel’Allemagne , avoit, dit-on, défendu de les dessécher; l’état de cette contréeseroit donc l’effet réfléchi d’une mauvaise politique. Émiland Estienne pré-tend que, depuis l’assimilation du Brabant batave aux autres Départeinens dela République , il a presque changé de face : « Nous osons prédire, ajoute-t-il,» qu’avant trente ans on comptera plus de marais desséchés, plus de bruyères» défrichées, plus d’ateliers nouveaux dans ce Département, que durant les» deux derniers siècles, à-peu-près , qu’il a été traité en pays conquis par l’an-» cien Gouvernement des Provinces-Unies ( 4 ).» Au surplus, de quoi n’est pascapable cette Nation respectable qui, dirigée par Civilis , avoit résisté aux Ro-mains ? qui, après avoir, au seizième siècle, conquis sa liberté sur le tyranPhilippe II , conquit sur la mer une partie de son territoire, convertit en riansparterres un sol sur lequel naguère flottoient les vaisseaux et nageoient lespoissons? Telle est la mer de Deemen dont j’ai parlé. Les environs de Leyde ,
(1) C’est l’avis de mon ami le savant etrespectable van Swinden. Il m’est doux delui payer un tribut d’estime et de reconnois-sance. C’est à lui que je dois un ouvrage très-curieux : Dissertatio medico - ckimica deCausis imminutœ in republicâ Batavâ MorbiCalculosi frequentiœ. Lugduni-Batavorum ,1802, in* 4 °. Cette thèse a été soutenue par