Band 
Tome I.
Seite
CXXV
JPEG-Download
 

cxxv

SUR L’ AGRICULTURE.

Saxe, Althusius , Sparre, Tubero , Antoine Perès, Buckelz, MeeuwisPakker, kVagenaar , Somers , Daniel de Foë, Hochberg, FrançoisSolis j Chumacero , Ingrassias, Genovesi, Thomas Coram , Hanvtay ,Guillaume Shipley , etc.

S’il nous étoit permis de descendre à des époques plus rapprochées , nousrendrions un juste hommage à cette foule de célèbres agronomes dont s’enor-gueillit l’Angleterre ; tous, sans doute , occuperont les places honorables quileur sont dues, dans l’histoire de l’agriculture que prépare le docteur Johnson.

France .

La France ayant partagé avec toute l’Europe les malheurs du moyen âge ,son agriculture éprouva les mêmes désastres. Etouffée ensuite sous le fatras desrèglemens féodaux, eût-elle pu renaître au milieu des orages politiques ? La vierurale disparut presqu’entièrement du temps de la ligue ; l'agriculture, réfugiéedans les vallées des Alpes , y fit cependant quelques progrès sous la main desVaudois échappés aux horribles massacres ordonnés par le Parlement d’Aix ,en i545.

Louis XII avoit encouragé les laboureurs en diminuant le poids des impôtsfonciers. Ils furent frappés a un sceptre de fer, sous son successeur gouverné parsa mère, sa mai tresse et ses favoris. Ainsi, l’époque de François I er . , tant vantée

{ >ar les poètes, est une période de calamité pour l’agriculture, quoique ce règneût brillant, ou plutôt parce qu’il le fut. Ici nous alléguerons une nouvellepreuve de la disette de faits. Gaillard a écrit d’une manière intéressante l’his-toire de François I er . : un volume est consacré aux sciences et aux arts 5 et,pourroit-on le croire? l’agriculture n’a pas trouvé la moindre place dans cetouvrage, ni dans Y Histoire de France par Velly, Villaret et Garnier.

Le célèbre capitulaire de Charlemagne , de Villis ( 1 ), en apprend beaucoupplus, sur la culture de son temps, que les volumineuses collections dans les-quelles sont décrits les forfaits et les folies des rois et de leurs cours. L’agri-culture étoit une pratique et non une science; la tradition seule servoit devéhicule aux connoissances agronomiques ; par la tradition se perpétua l’usagedu béton, que nous devons aux Romains, ainsi que la bâtisse en pisé, queCointeraux a perfectionnée.

Du temps de Catherine de Médicis , une nuée de monopoleurs désolèrent laFrance : les extorsions, les factions, le désordre des finances, achevèrent dediscréditer les biens-fonds , symptôme infaillible d’une agriculture languissante.

Chopin écrivoit alors, à Cachant, près Paris , son traité des privilèges despaysans ( 2 ) ; foibles privilèges, calculés plutôt encore sur l’intérêt des pro-priétaires que sur celui de leurs fermiers : telle est la défense de saisir pourdettes les instrumens et les animaux destinés à l’agriculture. Cette disposition,à très-peu d’exceptions près, existe dans la législation de tous les peuples civilisés.

(1) Capitulant% Regurn Francorum , etc.,edente Steph. Baluzio. Parisiis , 1677 ,in-fol. , tom. I, pag. 33 i et suiv.

(2) De Privilegiis Rusticomm. Parisiis }1 ^7 4 ? in-8°. La quatrième édition est deParis , 1621, in-fol.