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Tome I.
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CXXIV
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ESSAI HISTORIQUE

la vigne y fut cultivée. On en trouve , d’ailleurs, des preuves , jusques dans lefameux Dooms-day-book, qui est le grand cadastre ou terrier. N’est-il pasremarquable que Pline vante , d’une part, la bière de France et d’Espagne , etde l’autre, le vin de l’Angleterre ? Telles sont les observations de l’anonymequi , en 1727 , vouloit réconcilier la vigne avec le climat de son île, d’où ellene fut exclue , disoit-il, que parce que le besoin du pain est plus impérieux quecelui du vin (1). Les Anglois, devenus maîtres de la Gascogne, qui leur four-nissoit une liqueur exquise , négligèrent les vignes de leur pays. Hartlib annonce néanmoins que , de son temps , quelques gentlemens faisoient encoreleur vin. Enfin, on sentit qu’il valoit mieux s’occuper de faire d’excellent cidre.Depuis long-temps celui du Herefordshire est fameux 5 c’est de-là qu’au dix-septième siècle la pomme qui le fournit fut portée en Irlande .

PPorlidge a publié un traité curieux sur le cidre (2). Celui des comtés deHereford , Glocester et Worcester , lui paroît le meilleur ; on y ajoute actuel-lement celui du Devonshire ( 3 ). J. H. Meibomius s’est élevé contre lesboissons tirées des fruits (4) j mais l’expérience en a fait l’apologie. Wor-Udge rapporte, d’après Bacon ( 5 ), que huit hommes, ayant entr’eux huitcents ans, exécutèrent une danse j on sut que c’étoient des tenanciers du comtéd’Essex , grands buveurs de cidre. fforlidge en conclut que cette liqueur estsalubre. Elle a obtenu des éloges tels, que Philips 3 dans son poëme sur lecidre, le préfère aux vins de France et d’Italie (6).

Si l’on en croit Gautier Hart (7) et les autres écrivains , l’époque deHartlib est celle de la gloire de l’agriculture angloise. Cromwel, convaincudu mérite d’un tel homme, lui assigna une pension annuelle de cent pounds 3dont il ne toucha que le brevet ; semblable en cela à Descartes 3 qui mourutà quatre cent lieues de sa patrie, sans en avoir obtenu d’autre bienfait que lebrevet d’une pension de trois mille francs. Hartlib étoit ami de Milton , quilui dédia un traité d’éducation. Dans la vie de celui-ci, Todin se plaint de cequ’on n’a pas écrit celle du grand promoteur de l’agriculture angloise, dont lenom n’a pas été recueilli par nos faiseurs de dictionnaires ; ils s’appesantissentsur des auteurs d’ouvrages licencieux ou de romans oubliés, et souvent ils n’ontpas même mentionné des hommes qui avoient droit à la reconnoissance detous les siècles , ceux qui ont allégé les maux de l’humanité , ceux qui ontdéfendu les droits des peuples, ceux qui ont travaillé à les nourrir ; tels sont :Olivier de Serres , Jean de Arrieta 3 Jean de Roxas , Auguste I de

(1) The Vine-yard, etc. London, 1 7 1 2 3 4 7 »in-8°., avis au lecteur, et pages 6 et 7. Je netrouve nulle part, dans Pline , qu’il men-tionne le vin de la Grande-Bretagne.

(2) Vinetum Britannicum or a TreatiseofCyder, etc. London , 1676 , in-8°.

( 3 ) J’ai visité le comté de Hereford , lecidre y étoit bien inférieur à celui que j’ai bu àWobum, terre du duc de Bedford.

( 4 ) Liber de Cerevisiis potibusque etebria-

minibus extra Vinurn aliis. Helmstadii ,

1664 , in- 4 °.

( 5 ) Opéra omnia : Historia Vitce et Mor-tis, etc., pag. 408.

(6) Cyder a Poern. London, 1720 , in-12.

. Far surmonts,

Gallic or latin Grapes .

(Liv. I, pag. 159.)

(7) Essais on Husbandry. London, 1765,in-8°., pag. 23 .