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ESSAI HISTORIQUE
{ >oissons, entr’autres la carpe , dont la patrie , suivant Bloch , est le midi de'Europe . La carpe a été portée en Hollande , en Suède ; Mascall la procura ,en i5i4 > à l’Angleterre , et Pierre Oxe , vers l’an i56o, au Danemarck (1).
Le Grand d’Aussi s’appuie de divers témoignages , pour prouver qu’autre-fois, en France , on a mangé de la baleine , et il ne cite pas XHistoire duSiège de Metz, insérée dans les OEuvres d’Ambroise Paré (2), qui lui en au-roit fourni une nouvelle preuve. On lit dans Thunberg, qu’au Japon beaucoupde pauvres ne vivent que de chair de baleine (3). Il en est de même, au rapjîortd 'Anderson , dans les îles Feroë (4).
L’usage de manger de l’ânon , introduit par Mécène , fut renouvelé par lechancelier Duprat, son digne imitateur, comme partisan de la tyrannie. Onconçoit que, si ces alimens étoient encore à la mode, ainsi que les salades faitesdes sommités de mauve, de houblon (5) et de brione, dont parle la Bruyère-Champier y si l’usage de se parfumer avec du beurre, qui existoit peut-être dutemps de Déjotarus , s’étoit maintenu , la pêche de labaleine, l’éducation des ânes,la culture des plantes qu’on vient d’indiquer , le prix du beurre, etc., auroientéprouvé des modifications.
Et voyez quelle bizarrerie dans ce qui tient au régime diététique : autrefois ,en France , on faisoit toujours germer les légumes avant de les faire cuire (6).Baccius et Théodore de Muyden ont discuté l’importante question de savoirsi les Anciens ont bu froid ou chaud (7); la Bruyère- Champier nous apprendque, dans le Lyonnois et le Vivarais , des personnes qui avoient l’habitude deboire de l’eau chaude , ont vécu très-long-temps (8).
On voit, par la règle de saint Chrodegand , évêque de Metz , que, de sontemps, la faîne et le gland servoient encore de nourriture à l’homme. A mesureque les campagnes se couvrirent de moissons , les plantes céréales lui four-nirent sa subsistance; la disette seule obligea de recourir quelquefois au gland :c’est ce qui arriva en i 548, dans le Mans , ainsi que l’assure du Bellay ; etcertes , ce n’étoit pas le gland doux ( quercus esculenta, L. ) que l’on trouvedans le midi de l’Espagne , et qu’on pourroit avoir sur les côtes méridionalesde France . Mais des naturalistes prétendent que le mot gland, dans lesauteurs, a quelquefois une acception étendue, et désigne, en général, les fruitssauvages.
En Provence , le froment étoit , selon Quiqueran, le seul grain employépour la nourriture des hommes. Il ajoute que , même dans les temps de disette,on ne donne pas aux chiens du pain d’avoine, dont usent les Écossois. Johnson,dans son Dictionnaire Anglois, définit l’avoine , un grain qui sert pournourrir les chevaux en Angleterre et les hommes en Écosse . Une plaisanterie