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Tome I.
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CXXXVII
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SUR L’AGRICULTURE.

n’est pas une définition. Les Norvégiens aiment beaucoup le pain d’avoine.Poncelet dit en avoir mangé, dans le Walt-land ( 1 ), qui étoit supérieur àtout autre ; il est fâcheux qu’il n’ait pas décrit le procédé par lequel on leprépare. Ces faits répondent à ceux qui nient les propriétés alimentaires del’avoine : on en tire d’ailleurs un bon gruau. La Bruyère-Champier le men-tionne comme une invention récente( 2 .); et cependant, dès l’an i5o6, ce metsétoit, dit-on , usité en Bretagne . Liebaut nous apprend que cette provinceet l’Anjou en faisoient une grande consommation.

La Framboisière, médecin de Henri IV , vantoit l’orge mondé (3). On enmange beaucoup dans quelques départemens de l’est de la France , tandisqu’à Paris cet aliment sain et peu coûteux est presque inconnu.

Les temps de famine étoient autrefois encore plus calamiteux que de nosjours, et ces fléaux étoient plus fréquens. Maret, le père, compte dix faminesdans le dixième siècle, et vingt-six dans le onzième (4). Les principes d’ad-ministration relatifs à la circulation des grains, trop peu connus , étoient étoufféssous les trames des accapareurs : on affamoit une province , pour maintenirl’abondance ailleurs. Eni564, un règlement de police , à Paris , défend auxboulangers d’acheter au marché plus d’un demi-muid de blé , et aux pâtissiersplus d’un setier, sous peine de, etc.; en 1567 , une ordonnance du Conseildu roi, en prohibant l’exportation, établit la liberté commerciale dans l’inté-rieur; dix ans après, une autre ordonnance renouvelle ces dispositions, etprohibe la vente à l’étranger , sinon en payant un droit déterminé ; mais en1604 , lorsqu’une famine horrible désoloit le Languedoc , le roi ayant permisde tirer des grains de Bourgogne et d’autres provinces, le Parlement s’y opposa,sous prétexte qu’on faisoit sortir les blés.

Anciennement le mal s’aggravoit encore par le morcellement de la France en plusieurs États , dont chacun ayant sa législation particulière , à la moindreapparence de disette, déféndoit sévèrement l’exportation des comestibles. C’estce qu’avoit fait, en i333 , Humbert II, en Dauphiné : il interdit la sortie desblés , des boeufs , des moutons , des vins, etc.

Ajoutez enfin, que diverses plantes alimentaires , qui sont pour nous d’ungrand secours, n’étoient pas encore connues en Europe . On étoit moins éclairésur la nature de celles auxquelles on pouvoit recourir passagèrement, et sur

(1) Histoire Naturelle du Froment. Paris ,1779 , in-8°., pages ai 3 et 214. Où estsituéle Walt-land ? je l’ignore. Ce mot, en alle-mand , avec un d au lieu d’un t, signifieroitpays de forêts: il est quelquefois employé ,par opposition à Korn-land , pays de blé.

(2) DeRe Cibarid, etc.fih. V, cap. XX ,pag. 36 7 .

( 3 ) Gouvernement nécessaire à chacun pourvivre longuement, etc. , livre I, chap. X. —Advis utile et nécessaire pour la conserva-tion de la santé, contre les injures du temps.Paris , 1637 , in-8°. On y voit, page 4 5 que ,

de son temps, les femmes , vêtues aussi in-décemment qu’aujourd’hui, sacrifioient déjàleur santé à leur vanité.

( 4 ) Mémoire dans lequel on cherche àdéterminer quelle infuence les mœurs desFrançois ont sur leur santé, couronné àAmiens en 1771. Amiens , 1762 (erreur dedate , c’est sûrement 1772), in-8°., page 122.Il est à désirer qu’on recueille les mémoiresépars de ce savant, et qu’on en donne uneédition complète ; personne n’est plus enétat de le faire que le fils, cjui a hérité deses talens.

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