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ESSAI HISTORIQUE
lesquelles notre collègue Parmentier a. publié un traité (1); on l’étoit moins ,sur la conservation des grains, sur la manière de prévenir les maladies dufroment : telle est la carie dont parle la Bruyère-Champier, en i 56 o ; depuisquelque temps , elle alïligeoit les cultivateurs des montagnes du Lyonnois.Si on écrase le blé entre les doigts, il s’en exbale, dit-il, une odeur fétide (2).Ces maladies, et les remèdes à y appliquer, ont été l’objet des recherches pro-fondes de Tillet ( 3 ) , de Ginanni (4) , de notre collègue Tessier ( 5 ) , et dequelques autres.
Plusieurs écrivains, entr’autres Sacci (6), regardent le fléau à battre leblé , comme une invention récente, quoique ce moyen soit indiqué par lebon sens.
L’antiquité avoit les moulins à bras et ceux qui ont l’eau pour moteur.Un chroniqueur de la Bohême a soutenu que, depuis douze siècles , dans sonpays , on se servoit des moulins à vent ou pneumatiques 5 c’est le nom queleur donne Her'mgius . Ce dernier allègue des faits qui feroient remonter assezhaut cette invention , et néanmoins il la croit moderne (7). Il est vraisemblableque les moulins à vent nous arrivèrent au retour des croisades , auxquelles ondoit plusieurs objets d’industrie , de culture, et beaucoup de plantes du Levant :ils sont mentionnés dans les Annales des Bénédictins , sous l’an no 5 (8). LeGrand d’Aussi , qui s’appuie de cette autorité , prétend que cette espèce demoulin est souvent représentée dans les anciennes armoiries , quoique d’autrescontestent le fait. De grands avantages résultèrent de leur emploi: en 1726,on voulut même les appliquer au labour des terres ; mais aucune Nation n’entire un plus grand parti que les Hollandois, pour tous les genres de mouture,pour broyer le tabac elles bois de teinture , scier les planches, dessécherles marais , etc. A Sardam , sur un myriamètre carré, on compte environhuit cent moulins à vent.
Beckmann croit que le bluteau n’a été introduit qu’au commencement du
(1) Recherches sur les Végétaux nourris-sans, qui , dans les temps de disette,peuvent remplacer les Alimens ordinaires ,etc. Paris , 1781 , in-8°.
(а) De Re Cibariâ, etc. , lib. IV, cap. X ,pag. a 63 .
( 3 ) Dissertation sur la cause qui corromptet noircit les grains de Bled dans les épis.Bordeaux , iy 55 , 2 vol. in- 4 °.
( 4 ) Delle Malattie del Grano in erha.Pesaro , 1759 , in- 4 °.
( 5 ) Traité des Maladies des Grains, etc.Paris , 1783, iii-8°.
(б) De Italicarum Remm Varietate, etc.,lib. I , cap. V, et lib. III, cap. III.
(7) Tractatus singularis de Molendiniseorumque Jure, etc. Coloniœ Agrippinœ ,1724 , in-fol., pag. 17.
(8 ) Annales Ordinis Sancti Benedicti. Lu-
tetice , 1710 , in-fol. , tom. V, pag. 474 •Cette date est rappelée dans Y Histoire de laVie privée des Français (tome I, page 43 );mais le Grand d’Aussi ajoute qu’elle est ci-tée dans du Cange, au mot Molendinum, cequi est une erreur. Du Cange ( Glossariumad Scrip tores mediœ et injimœ latinitatis, etc.Parisiis , ij 33 , in-fol.) cite un décret deCélestin III , que je n’ai pas trouvé , et unecharte de l’an 12o 5 , qu’il dit mentionnée dansBobineau, ce qui est une autre erreur. Bobi-neau (Histoire de Bretagne. Paris , 1707 ,in-fol. , tome II, page 3 ço) cite une chartede l’an 1243, qui parle d’un moulin, sansdire s’il est mû par le vent. Ces observationsserviront peut-être à faire voir combien d’er-reurs se glissent dans les citations , et peut-être , moi-même , suis-je tombé involontai-rement dans plusieurs.