Band 
Tome I.
Seite
CXXXIX
JPEG-Download
 

SUR L AGRICULTURE.

CXXX1X

seizième siècle ; cependant le Grand, dAussi le trouve mentionné dans unpoëme du treizième siècle.

La mouture économique , qui consiste à faire repasser plusieurs fois les sonssous la meule, étoit déjà usitée en 1 5 ^ 6 , ainsi quon le voit par une ordon-nance du prévôt de Paris ; et cétoit vers Senlis quon avoit perfectionné cetteméthode ; mais elle nétoit pas générale.

Que le levain soit une découverte due au hasard, comme le présumentGoguet (1) et dautres auteurs , toujours est-il vrai de dire quelle fut extrê-mement utile. La levure de bière, au dire de Pline, étoit connue des Gaulois (2) :lemploi en lut interrompu pendant des siècles, et reprit laveur à Paris , dansle seizième , ou, selon Malouin, au commencement du dix-septième (3),parce qualors on mit en vogue un pain mollet qui, étant plus difficile à lairelever, à raison des substances quon y mêloit,eut besoin dun ferment plusactif, ce lut la levure de bière ; mais les médecins se divisèrent sur ses pro-priétés, bonnes ou mauvaises: on écrivit, on sinjuria, et vers 1670 , ladispute duroit encore (4).

Du temps de la Bruyère- Champier , pour faire lever la pâte , on employoitmême une eau vineuse, et lon saloit le pain. Cette dernière pratique , quilloue, étoit déjà presque générale en Europe .

A la lin du seizième siècle , la panification étoit peu avancée en Italie ,puisqu on y préféroit les boulangers Allemands , comme plus experts dans cetravail. Montaigne , qui, en ce temps- , visita Plombières, dit quon ymangeoit de mauvais pain (5). Les choses ont bien changé : aujourdhui, ilégale celui de Gonesse , dont la réputation date de loin. Ce pain et celui deGentilly sont cités avec éloge par Houghton, Anglois, qui écrivoit en 1681 (6).Les observations de cet écrivain ont eu bien peu dinfluence dans son pays, surlart de la boulangerie. Ce quon nomme pain en Hollande et en Angleterre ,nest guère quune pâte échauffée, lourde et très-indigeste; cependant, len-seigne de quelques boulangers, à Londres , porte quon trouve chez eux du painJrançois. Jusques dans nos campagnes sest propagée la méthode pour le bienfaire : Y Avis aux bonnes Ménagères, par notre collègue Parmentier, etlEcole de boulangerie, créée à Paris , en 1780 , y auront beaucoup contribué.

La Bruyère- Champier (7) et dautres écrivains croyent que le seigle étoitinconnu aux Anciens. Cette opinion est contredite par Jean Mathias Gesner ,qui a donné en 1735 une bonne édition des Géoponiques Latins , et parSaboureux de la Bonneterie, qui les a traduits en françois en 1771 ; lun et

(1) De lOrigine des Lois, des Arts etdes Sciences. Paris , 1758, in- 4 °., tome I,page 97.

(2) Historia Naturalis , lib. XVIII, cap.VII.

( 3 ) Description et détails des Arts duMeunier, du Vermicellier, et du Boulanger.Paris , 1767, in-fol.

( 4 ) Voyez, ci-après, à la suite du troi-

sième Lieu , la note (1 13 ) de notre collègueFrançois (de Neuf château} , page 476.

( 5 ) Journal de son Voyage. Paris , 1774 5in- 4 °.

(6) A Collection of Letters for the Ini-provement of Husbandry and Trade. Lon-don, 1681 , in-4°.

(7) De Re Cibarid, etc., lib.V, cap. XVII,pag. 355 .