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ESSAI HISTORIQUE
Philippe-le-Hardi , une transaction lut passée entre le prieur de Saint-Denis et lereligieux infirmier, qui étoit un officier claustral, au sujet de la dîme de lagarance. On faisoit aussi grand commerce de guède, ou pastel, à Saint-Denis ,qui a encore une place appelée le Marché de Guèdes.
On sait que la plupart de nos bons fruits sont venus d’Asie : l’abricot, laprune, l’aveline, la figue, la noix, l’olive, le coing, la grenade, etc. Les arbresqui les produisent, sont, depuis bien des siècles , naturalisés en Europe , ou plu-tôt indigènes ; car une plante l’est dans un climat, dit Burin , lorsqu’elle yexerce toute la puissance végétative de son espèce (1).
Olivier de Serres place au règne de Charles VIII l’introduction dumûrier en France $ mais en lisant la Bruyère - Champier, Liebaut etQuiqueran , on trouve que cet arbre étoit peu cultivé. On n en fait pas decas, dit ce dernier, excepté pour la nourriture des vers à soie. Cependant,dès l’an i 554 , un édit avoit ordonné la plantation des mûriers. Toulouse ,Moulins , et particulièrement Tours , commencèrent à récolter des soies 5 ons’en occupa bientôt avec succès en d’autres lieux : à Mantes , à Rosny et auJardin des Tuileries , par les soins d’OiiviER de Serres , pour le comptede Henri IV . En 1 5 çç, ce roi avoit prohibé l’importation des étoffes desoie,dont l’achat faisoit écouler beaucoup de numéraire en Italie (2). En 1602, ildonna des lettres - patentes , dont l’objet étoit de propager les mûriers ;il y exliortoit les ecclésiastiques bénéficiers à le seconder par leur exemple. Enconséquence , les entrepreneurs de ces plantations , à la tête desquels étoitBarthélemy de Lajfemas , contrôleur-général du commerce de France , firentrédiger par celui - ci, un ouvrage élémentaire sur la culture du mûrier , àl’usage du clergé ( 3 ).
En i 6 o 3 , des experts furent envoyés par l’autorité publique , dans les géné-ralités de Paris , Orléans , Tours et Lyon , pour prendre tous les rcnscigncmens ;à leur retour ils déclarèrent que les vers à soie et l’arbre qui les nourrit, pou-voient prospérer dans toute la France . Ces faits sont rappelés avec force par leTellier , auteur de divers écrits sur la culture du mûrier et l’éducation des versà soie (4) ; mais aucun ouvrage ne fit autant de sensation que celui qu’OnviER
(1) Mémoire sur la question : Quels sontles Végétaux indigènes que l’on pourraitsubstituer, dans les Pays-Bas, aux Végétauxexotiques, etc. Bruxelles , 1784, in- 4 °.
Dans ce mémoire , couronné par l’Académiede Bruxelles, l’auteur a fait , pour la Bel gique , ce qu’avoient fait, pour la Lorraine ,
Cos te et l'Villemet. Voyez Matière médicaleindigène, ou Traité des Plantes nationales,substituées, avec succès, à des Végétauxexotiques, etc. Ouvrage couronné à Lyon en 1776. Nancy , 1798, in-8".
(2) J. A. Thuani Historiarum sui Tempo-ris , etc. , lib. CXXIII , cap. X.
( 3 ) Instruction du plantage des Meurierspour Messieurs du Clergé, avec les figures
pour apprendre a nourrir Les rers, etc. Bans,i 6 o 5 , in- 4 °. L’année précédente , Laffe-mas avoit publié un autre opuscule sur lemême sujet. Façon défaire et semer la grainedes Meuriers, les eslever, etc. Paris , 1604,in-12. Il annonce, page 33 , qu’à Provins ,en Brie, jadis il y avoit dix-huit cent métiersen draps , qui, de son temps , étoient réduitsà quatre.
( 4 ) Brief Discours contenant la manièrede nourrir les Versa soye, etc. Paris , 1602 ,in-4 0 . , oblong, avec de très-belles figures ,dessinées par J. Stradan, et gravées parP. Galle. — Mémoires et Instructions pourVestablissement des Meuriers, etc. Paris ,i 6 o 3 , in- 4 °.