SUR L’ AGRICULTURE.
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de Serres avoit publié en sur la Cueillette de la Soye. Dans la Seconde
Richesse du Meurier blanc, il établit que l’écorce de cet arbre peut servir àfaire des cordages , et même des toiles fines.
Une traduction allemande du premier de ces deux écrits, fut imprimée àTubinge, en i6o3 , et une traduction angloise des deux, à Londres , en 1607.A cette époque, on s’occupoit aussi de l’éducation des vers à soie sur la rivedroite du Rliin ; de i583 à 1608 , les ducs de Wurtemberg en firent l’objetcontinuel de leurs soins. Des détails à cet égard sont consignés dans un ouvragede Godefroy-Daniel Hoffman (1), qui, en parlant du tort que fit à nossoyeries la révocation de l’édit de Nantes , l’appelle un solécisme politique.
On a soutenu que l’arrivée de l’oranger en Europe étoit due aux découvertesdes Portugais dans les Grandes-Indes ; assertion démentie par un fait consignédans Valoonnois, qui, sous l’an i333, mentionne cet arbre (2), dont la culturefut plus soignée lorsque Henri IV eut fait bâtir une orangerie aux Tuileries ,parce que, dans le pays qu’il gouvernoit, on est toujours, en bien ou enmal, servilement imitateur. L’oranger nommé le grand Bourbon, dans labelle orangerie de Versailles , où il subsiste encore, et qui a environ trois centsans , avoit été saisi, en 1Ù23 , sur le connétable de Bourbon; il a un mètre etdemi (cinquante-quatre pouces) de circonférence. A Bruxelles , on conserve unemagnifique suite d’orangers, nommés les Isabelles , parce qu’ils sont contem-porains de cette princesse.
L’arrivée du citronnier en France , date sans doute du même temps quecelle de l’oranger. Cette culture aura été communiquée à la Provence par lesAlpes Maritimes , où depuis long-temps elle est en honneur; j’en trouve despreuves dans l’Histoire manuscrite de ce dernier pays, transportée de Turin àla Bibliothèque nationale (3), qui finit à l’an i 652, et qui en parle commed’une culture florissante depuis longues années : elle est magnifique à Menton ,où l’industrieuse activité des habitans plante jusques dans les rochers des arbresvraiment arrosés de leurs sueurs. Telle est l’importance de cette récolte pourcette ville , que , pendant cent treize ans et jusqu’à sa réunion à la France ,elle eut un magistrat de vingt-sept membres, nommé le magistrat des citrons,pour diriger la récolte et la vente de ce fruit, qui s’élève quelquefois à trentemillions de citrons ; elle auroit enrichi Menton , si les gelées et l’espèce degalle-insecte, nommée la morphée, ne détruisoient quelquef ois l’espérance descultivateurs.
Le caroubier est indigène dans le voisinage de Menton , sur-tout à Roque-brune. Sestini se plaint de ce qu’on ne cherche pas à multiplier cet arbre, dontle fruit est utile aux animaux , et dont le bois est excellent pour les boiseries (4).
La Bruyère-Champier, en i56o, ne mentionne que quelques variétés de
(1) Observation.es circà Bombyces, Seri-cum et Moros, etc. Tubingœ, 1757, in-4 0 .,P a S -4 7 -,
(2) Histoire du Dauphiné. Genève , 1723,in-fol., Preuves , tome II, page 279.
( 3 ) Historia dell’ Alpi Maritime , 2 vol.in-fol. , toin. I , pag. 45 et 46.
( 4 ) Descrizione di vari Prodotti dell’Isola di Sicilia, etc. Firenze, 1777, in-8°.,pag. 7 3 . _