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Tome I.
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ESSAI HISTORIQUE

dînai de Lorraine lappuya fortement, et Henri II lui assigna la pension desix cent francs dont nous avons parlé , qui ne lui fut jamais payée.

Depuis Isidore de Séville , j usquà Stratico, évêque de Lésina, qui publiaen italien , en 1790, à Venise , des opuscules utiles pour connoître letat de laDalmatie ; jusquà lévêque de Valladolid, qui vient détablir à ses frais unechaire déconomie domestique et une dagriculture (1) , une foule de prélats ontbien mérité de lart rural : le seizième siècle nomme, en France , Quiquerande Beaujeu, évêque de Senez, et du Bellay, évêque du Mans , qui fit des effortsincroyables pour perfectionner le jardinage. Cet homme de bien tiroit desarbres de létranger j Belon lui en avoit procuré beaucoup. Du Bellay poussoitles précautions jusquà faire passer par leau bouillante les terres destinées àélever des plantes rares , afin dextirper les insectes.

Porta fait remonter aux Anciens lexpérience singulière par laquelle de jeunesarbres arrachés étoient à linstant replantés , les branches en terre, les racinesen lair (2,). Cette expérience , renouvelée de son temps, la été depuis parLeeu'wenhoek, de louvrage duquel de Pallemont la reportée dans le sien (3),et récemment par Duhamel j elle avoit du moins un but utile , celui de con-noître les phénomènes de la sève.

Au seizième siècle on commença à greffer en flûte. Le même Porta en parlecomme dune invention récente , dont cependant il ne nomme pas lauteur (4).JVIizauld, qui a écrit sur la greffe (3), dit , dans un autre de ses ouvrages,avoir vu un arbre qui portoit simultanément des pommes , des noix , des raisinset des fleurs (6). On mettoit alors de limportance à la production de ces mons-truosités vraies ou fabuleuses. Les auteurs de ce temps, pour la plupart,donnent, à ce sujet, des recettes bizarres j on en trouve sur-tout dans louvrageitalien de Bonardo (7). Lextravagance de ces tours de force a été com-battue dans un traité sur les arbres fruitiers , publié sous le nom de le Gendre ,curé dHénonville , mais dont le véritable auteur est Arnaud dAndilly (8).Tandis que, sous Louis XIV , Girardet à Bagnolet , de la Quintinye àMontreuil , soccupoient de perfectionner la culture des arbres à fruit, lesillustres solitaires de Port-Royal, destinés à faire le bien, et à ne faire que lebien , se délassoient de leurs travaux sur la religion et les sciences , en soignantleurs jardins. A la ferme des Granges , sont encore beaucoup despaliers et dehauts-vents plantés parleurs mains. Quoique ces arbres, dans leur décrépitude,ne produisent plus de fruits, le fermier , par respect, défend quon les arrache.

Les provinces les plus vantées de la France , en agriculture, étoient, commeaujourdhui, pour les grains, la Flandre, la Normandie , le Soissonnois, la Brie,

(1) Décade Philosophique, 10 Thermidor,an XI, page 197.

(2) Villce, etc., lib. IV, cap. VII.

(3) Curiosités de la Nature et de lArt, surla Végétation : ou lAgriculture, et le Jardi-nage dans leur perfection ; etc. Paris , iyo 5 }in-i 2 , page 162.

(4) Villce, etc. , lib. IV, cap. XXI.

(5) De Hortensium Arborum InsitioneOpusculum. Lutetiœ , i56o , in-8°.

(6) Nova et mira Artipcia comparando-rum Fructuum, etc., cap. VII.

(y) Le Richezze dell Agricoltura , etc.(8) La manière de cultiver les Arbres frui-tiers , il est traité des Pépinières , etc.Paris , 1662 , in-12, page 76 et suivantes.