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Tome I.
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CXLIX
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SUR L AGRICULTURE.

cxlix

Gontier dit que la calville nous est venue de Danemarck ou de Norman-die (1) j cette alternative néclaircit pas le fait.

Olivier de Serres comptoit quarante-six variétés de pommes } de la Quin-tinye, seulement vingt-cinq. Olivier de Serres comptoit soixante-deux va-riétés de poires j le Jardinier françois et de la Quintinye, plus de trois cent.Les botanistes, scrutant toutes les parties du globe la végétation exerce son

Î muvoir, nous enrichirent successivement de plusieurs milliers déplantés, tantîerbacées que ligneuses , les unes propres à nourrir ou à guérir lhomme et lesanimaux , les autres à le récréer : la confusion se seroit établie au milieu de cesvastes collections, si, daprès les caractères de famille reconnus dans chaqueplante, ils ne leur eussent assigné des rangs ; de- les systèmes , parmi les-quels celui de Toumefort avoit obtenu la préférence (2), jusquà lépoque, dufond du Nord, un autre homme de génie commanda, pour ainsi dire, à lEu-rope une classification différente, une langue nouvelle, et lEurope obéit ( 3 ).Espérons que les efforts soutenus des savans feront un jour disparoître la der-nière classe de Linné , celle des cryptogames, qui renferme toutes les plantesdont la reproduction est pour nous un mystère.

Les classifications arbitraires, utiles à la mémoire, en laissoient néanmoinsdésirer une fondée sur les affinités naturelles des végétaux. Guidé par cette consi-dération , Antoine Laurent de Jussieu en a établi une nouvelle (4), qui sortdu cercle des systèmes, pour passer au rang des vérités 5 et lEurope savantedoit ce bienfait à un François , qui soutient honorablement une célébrité héré-ditaire dans sa famille.

Le seizième siècle est lépoque furent établis, en diverses contrées de lEu-rope , des jardins botaniques } et lItalie eut la gloire de montrer lexemple.Le premier est celui de Padoue,en i 533 } quelques années après furent formésceux de Florence et de Pise . Ferrari, en i 632 , cite les plus remarquables, quiavoient déjà bien des années dexistence : ceux des Médicis, à Florence 5 desFarnèse, à Parme} des ducs de Brabant, à Bruxelles } ceux deVienne, deSalzbourg , dEichtet ( 5 ), etc. , etc. Ce dernier, à ce que nous apprend Stinge-lius (6), avoit été formé par Jean Conrad de Gemmingen, évêque de cetteville. Le même auteur assure que, dans celui du cardinal Alexandre de Médicis ,une sorte de lin venu des Indes croissoit à la hauteur dun arbre} il y a sansdoute beaucoup à retrancher de cette assertion. Paris avoit un jardin botaniqueen 1591} Houel établit, vers lan 1600 , celui des apothicaires de cette mêmeville: cefui de Montpellier , établi par le médecin Richer de Belleval, date delan i 5 ç 8 .

Belon , à qui la botanique et lagriculture ont de grandes obligations ,offrit de fournir annuellement darbres exotiques les maisons royales } le car-

(1) Eocercitationes Hygiasticœ , sive deSanitate tuendâ. Lugduni , 1668, in- 4 °,lib. VII, cap. VII.

(2) Elémens de Botanique. Paris , 1694,3 vol. in-8°.

( 3 ) C. LinnctiSystema Natures. Lugduni-

Batavorum , 1/35, in-fol. , prima editio.

( 4 ) Généra Plantarum secundùm ordinesnaturales disposita. Parisiis, 1789, in-8°.

( 5 ) De Florurn Culturâ, pag. 85 .

(6 ) Hortorum , Florum et Arborum His-toria, etc.