ESSAI HISTORIQUE
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Desmarets , dans le Dictionnaire des Arts et Métiers de Y Encyclopédieméthodique .
Jusqu’à l’époque d’OLiviER de Serres , on s’étoitpeu occupé des abeillesen France $ on ne trouve ce qui les concerne, que dans les traités d’agriculture :il est le premier qui en ait parlé en détail ; et ce qu’il en dit, pouvoit alors êtreregardé comme un ouvrage complet (1). Ce n’est qu’au milieu du dix-septièmesiècle que parurent ceux d 'Alexandre de Monfort, sur ces insectes , plusutiles que les vers à soie (2), mais sur lesquels on a moins écrit, parce qu’ilsne sont qu’utiles ( 3 ). J’ignore à quel temps remonte la fabrication de l’hy-dromel vineux dans quelques parties de la France ; cette liqueur bienfaisante,peu coûteuse , mériteroit d’être plus connue et plus en usage.
A l’article de l’Espagne nous avons parlé de la préférence donnée au boeuf,pour le labour, sur les chevaux et les mulets. Dans les diverses provinces deFrance , l’emploi de ces animaux , pour les travaux champêtres, varioit commeaujourd’hui , et le choix , à cet égard, ne fut pas toujours déterminé par laraison. La préférence à donner au boeuf, pour la culture dans la Belgique ,fut l’objet d’un concours ouvert par l’Académie de Bruxelles, qui, en 1777,couronna le mémoire de Norton recteur des dominicains Anglois à Louvain .Il établit sa thèse sur la quantité respective d’alimens nécessaires à chaqueespèce, l’emploi de leurs fumiers , le parallèle de leurs forces, etc. (4). H auroitpu ajouter incidemment d’utiles observations sur le poids énorme et inutile descolliers qu’on emploie généralement pour les bêtes de somme.
Le mulet convient évidemment plus que le cheval, pour les transports à dosdans les lieux escarpés. Demandez à l’habitant des Vosges pourquoi, danscette chaîne de montagnes , on n’emploie pas le premier ; peut-être vousrépondra-t-on , comme à moi, que le mulet a le pied moins sûr que les autresbêtes de somme. Ainsi l’homme est subjugué par l’habitude. Ull6 révolutionsalutaire dans l’agriculture s’opéreroit facilement, si l’on pouvoit persuaderaux campagnards que ce qui s’est fait par leurs ancêtres n’est pas toujours lamesure du mieux possible.
L’éducation des oêtes à laine , au seizième siècle , étoit, sinon perfectionnée,du moins très-suivie. Quiqueran dit que tel propriétaire a quinze mille bêtesà laine , et que les marchands étrangers affluent pour en acheter les toisons.
J’ai déjà fait remarquer qu’autrefois les épizooties , plus fréquentes, excr-çoient encore plus de ravages que de nos jours. Et pouvoit-il en être autre-ment , lorsque les animaux étoient soignés de la manière la plus opposée auxprincipes de l’hygiène? On a remarqué que la France et l’Espagne sont peut-
(1) Théâtre d’Agriculture , tome II ,cinquième Lieu , chap. XIV.
(2) Pourtrait de la Mouche à miel, sesvertus, forme, sens , et instruction pour entirer profit. Liège , 1646 , in-8°. — Le Prin-temps de la Mouche à miel. Anvers , 1649 >in-o°.
(3) On trouvera dans le tome V des Mé-
moires de la Société d’Agriculture du dépar-tement de la Seine , une Notice bibliogra-phique des ouvrages français sur les Abeilles,rédigée d’après le vœu de la Société , parnotre collègue Huzard.
( 4 ) Mémoires sur les Questions proposéespar l’Académie des Sciences de Bruxelles ,en 1777. Bruxelles , 1778, in-4 0 .