SUR L’ AGRICULTURE. dvij
être les pays où, dans ce qui concerne le gouvernement des animaux, ontrouve plus de malpropreté et de brutalité.
Les hommes qui unissent une raison cultivée à des sentimens honnêtes,envisageront toujours avec horreur les combats de coqs et de taureaux , le jeude l’oie, que l’on assomme à coups de bâton , la pratique aussi absurde qu’a-troce de tuer les abeilles d’une ruche pour en extraire le miel, de crever lesyeux à un rossignol pour le faire chanter dans toutes les saisons, etc. , etc. Ilsloueront la bienveillance des Banians , des Turcs , envers les animaux, et latendresse des Arabes pour leurs chevaux ; ils citeront toujours avec éloge lesécrivains qui se sont constitués les défenseurs de cette portion des êtres douésde sensibilité : Bernardin , de Saint-Pierre (1), Coopériez), Young ( 3 ),Smith ( 4 ) > Melmoth ( 5 ) , Weis (6) , Madame Trirnmer (7) , Oswald (8) ,Miss Williams (9), Pratt } Daubeny, et sur-tout Lawrence (10) , dontl’ouvrage est un des plus complets et des mieux faits sur cette matière 3 il assureque les veaux conduits au marché de Smithfield y sont cruellement jetés à terredu haut des charrettes ; cependant sur ce marché est placardée une ordonnancede police, en gros caractères, qui décerne des peines contre ceux qui maltraitentles animaux. Malheur à quiconque voudroit placer ces observations hors ducercle des idées morales ! comme si l’homme n’avoit que des droits à exercer etpas de devoirs à remplir envers les paisibles compagnons de ses travaux ! Lemaréchal de Saxe disoit que quand un charretier est en querelle avec ses che-vaux , communément c’est l’animal à deux pieds qui a tort. S’il est permis deles exercer à cultiver nos champs, si le besoin de la peau de certains animauxpour notre vêtement, de leur chair pour notre nourriture, autorise à les tuer,du moins épargnez-leur des douleurs inutiles : c’est chose plus facile que de faireadopter le système de Descartes , qui les assimile aux automates. Pourriez-vous même blâmer le mouvement de sensibilité qu’inspire la vue de l’oiestupide, qui fait mouvoir la roue du tournebroche pour rôtir un individu deson espèce?
Bujfon remarque qu’on tireroit un plus grand parti des bêtes de somme,
(1) Etudes de la Nature. Paris, 1792,in-8°., tome IV, page 331 et suiv.
(а) The Task, a poem, books VI. Bos-ton , 1791 , in-8°.
(3) An Essay on Humanity to Animais.Ce dernier a pris la défense même des gre-nouilles et des chats-huants.
(4) Ueberdie Natur and Bestimmung derThiere-wieauch von den PJlichten der Mens -chen gegen die Thiere. Kopenhagen , 1790,in-8°.
(5) The Letters of sir Thomas Fitzos-borne on several subjects, 174a , in-8°. ,lettre 16. Il blâme la cruauté même enversles insectes.
(б) Principes philosophiques , politiqueset moraux. Paris , 1789,3 vol. in-ia.
(7) Lilliputian Spectacle de laNature : or,Nature delineated, in conversations andletterspassing betwen the Ch’ldren ofafa-mily. London {sans date), 3 vol. in-12.
(8) The cry of Nature; or, an appeal tomercy and to Justice, on behalf ofthe perse-cutedAnimais. London, 1791 , pet. in-8°.
(9) Appercu de l’état des Mœurs et desOpinions dans la République française , versla fn du dix-huitième siècle. Paris , 1801 ,in-8°. , tome II, page ao5. — NouveauVoyage en Suisse, par la même. Paris ,1798, in-8°., tome II, page 64.
( 1 o)A philosophical and practical Treatiseon Horses , and on the moral duties of Mantowards the Brute création. London, 1796 ,in-8°.