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Tome I.
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CLVIII
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ESSAI HISTORIQUE

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en les traitant avec douceur. De cette persuasion , sans doute , dériva lusageimmémorial, en Poitou , davoir le noteur , ou chanteur, qui, accompagnantles boeufs lorsquils fendent les sillons , les encourage par ses airs.

Les réflexions de Btiffon sappliquent spécialement au cheval, quil appellela plus belle conquête de lhomme j animal admirable, qui exerce ses forcesjusquà tomber dépuisement sous le fouet sanglant de son assassin. Quelquunvoyant un monstre à figure humaine frapper impitoyablement un cheval ha-rassé , sécrioit : Malheureux ! tu nas donc pas vu lestampe de Hogarth ? Cethorrible spectacle se reproduit journellement dans les rues de Paris , sous lesyeux des passans, qui lenvisagent avec une insensibilité que rien nébranle japrès cela , parlez dhumanité , si, contre lexpérience de tous les siècles , vouspouvez croire que la bonté envers les hommes puisse sallier à la cruauté enversles brutes.

Lhistoire ne jette aucun jour sur lépoque à laquelle , en France , on pra-tiqua , pour la première fois , la castration des animaux. Celle des jumens futprohibée par nos règlemens des Haras (1). Un usage du seizième siècle, qui

Î iaroît sêtre perdu, est celui de faire subir cette opération aux lapins ; ones lâchoit ensuite dans la garenne, leur chair devenoit plus tendre etplus délicate. La castration des poissons nétoit pas connue : on sait quelle nedate que denviron cinquante ans, et que Tull en fut lauteur (2).

Avant Réaumur, on avoit tenté de faire éclorre les poulets à la manièreégyptienne. François I er . avoit fait construire, pour cet objet, des fours , àMontrichard, en Touraine .

On voit, par une ordonnance de police, de lan 1 56 j , que le plus groschapon est taxé à sept sous , la meilleure poule à cinq , le pigeon à quinze de-niers. Malgré les variations du marc dargent, qui étoit à seize francs dutemps de Louis XII , à vingt-sept, sous Henri IV , et malgré hâll§SC ou labaisse des choses consommables, daprès labondance ou la rareté du signe quiles représente, on sent que la différence du prix , comparativement à lépoqueactuelle, est exorbitante.

La pintade, venue dAfrique , avoit été connue des Grecs et des Romains ;mais elle ne reparut en Europe quau seizième siècle. Cet oiseau, alors assezcommun dans les basses-cours, le seroit encore , sil nétoit turbulent etdésagréable.

Le canard de Barbarie étoit venu récemment de lInde , à ce que nousapprend Charles Estienne , en i 55 o ( 3 ). Son croisement avec la cane com-mune , donne des métis dont Olivier de Serres fait léloge, mais dont ilprétend que les œufs , dailleurs très-abondans, sont inféconds (4).

Pierre de Crescens ne parle pas du dindon. Bouche , historien de Pro­ vence , veut que nous en soyons redevables au roi René, mort en 1480 ;

(1) Règlement du roy , et Instructionstouchant ladministration des Haras. Paris ,1717 , in- 4 °. , titre V, art. XI , page 3 o.

(2) Abrégé des Transactions philoso-phiques. Paris , 1790, in-8°., Economie

rurale , tome II, article VII , page 223 .

( 3 ) Histoire de la Vie privée des Fran-çais , etc. , tome I, page 297.

( 4 ) Théâtre d 1 2 Agriculture, tome II, Lieucinquième , chap. VI.