il les nourrissoit au lieu dit la Galinière , près de Rosset, selon la tradition duvoisinage. En contestant ce fait, on peut néanmoins inscrire honorablementRené dans les fastes de l’agriculture, à laquelle il rendit des services éminens.Ou lui doit, entr’autres, l’introduction des perdrix rouges , qu’il tira de l’ilede Chxo (1). D’autres écrivains assurent que le dindon fut introduit, sousFrançois I er . , par l’amiral Chabot. La Bruyère - Champier parle de cetteacquisition comme d’une chose récente (2) , et Bechnann réfute ceux qui lacroyent plus ancienne en France , que le seizième siècle j il prouve que, del’état sauvage dans les forêts d’Amérique , cet animal passa à la domesticitéen Europe . De Paulmy est du même avis ( 3 ). Parmi les historiens du Nouveau-Monde , le premier où l’on trouve une description de cet oiseau, paroît êtreGonzale Ferdinandd’Oviedo, qui écrivoit en xSzS (4).
En 1557 ’ ^ Venise , un règlement destiné à réprimer le luxe des tables,défend d’y servir du dindon. Vers l’an 1570 , Barthelemi Scappi , cuisinierde Pie V , dans son ouvrage sur la préparation des alimens , donne la descrip-tion de ce volatile ( 5 ) , qui cependant n’est pas nommé dans des ordonnancesrendues en France , en i 563 et 1567 , rapportées par de la Mare, nonqu’il fut inconnu , mais il étoit peu commun j et lorsqu’en 1 566 , les magistratsd’Amiens offrirent douze dindons à Charles IX , ce présent empruntoit sonprix de sa rareté. Mais , en i 6 o 3 , un règlement de Henri IV décerna despeines contre les coquetiers qui refuseroient les droits d’entrée sur les dindons ,sous prétexte qu’ils étoient destinés pour la reine. Enfin, en 1619 , les basses-cours en étoient déjà peuplées j j’en acquiers la preuve dans l’ouvrage intitulé :Triomphe du Corbeau , par Uzier 3 curé d’Einville-au-Parc, près Luné ville (6) ; tant il est vrai que des ouvrages absurdes ou ridicules renfermentquelquefois des anecdotes piquantes et des documens historiques. Le mémoii-ede l’an i 6 o 5 , publié par sir Joseph Banks , que j’ai eu occasion de citer pré-cédemment, prouve qu’à cette époque le dindon (turkey) étoit connu euAngleterre , puisqu’on le trouve dans la liste des alimens.
Cette acquisition nouvelle fit négliger l’oie, dont la graisse est employéepour faire la garbure , ragoût languedocien , qu’on dit n’avoir pas été connudu temps de Belon.
Le cardinal de Châtillon avoit, près de Lisieux , des troupeaux de perdrixqui, tous les matins , alloient aux champs, et, le soir, revenoient à la basse-cour (7). Tournefort, dans ses voyages, raconte avoir vu, près de Grasse ,
(1) La Chorographie, et description deProvence , et l’Histoire chronologique dumêmepays. Aix , 1664,2vol. in-fol., tome II,liv. IX, sect. IV, page478. —Mélanges tirésd’une grande Bibliothèque, etc., tome III,pages 20 et 24.
(2) De Re Cibarid, etc. , lib. XV , cap.LXXIII, pag. 83 1.
( 3 ) Mélanges tirés d’une grande Biblio-thèque, etc., tome XXIII, page 217.
( 4 ) Terzo -volume dclle Navigationi et
Viaggi raccolto gia da M. Gio. Battista Ramusio . In Venetia , 1 565 , in-fol. Voyezdans ce volume , Sommario délia naturale etgenerale Historia dell’ Indie Occidentali,cap. XXXVII, fol. 5 9 .
( 5 ) DellArte del Cucinare, con il Maestrodi casa e Trinciante. 1671 , in- 4 °- , lib. II,cap. CXLI, pag. 72.
(6) Nancy , 1619 , in-12 , page 43 .
(7) De Re Cibarid, etc. , lib. XV, cap.XXXII, pag. 791.