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Tome I.
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CLXII
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ESSAI HISTORIQUE

Il eût été aussi facile que fastidieux denfler la liste, déjà peut-être tropnombreuse , des auteurs cités dans cet ouvrage : les plus distingués , ceux quiont fait faire quelques pas à la science , avoient plus particulièrement le droitdy figurer.

On a vu des personnes de lautre sexe , douées des qualités les plus biillantesque donne la nature et que développe léducation , se livrer avec succès auxdétails de la vie champêtre , dont lattrait est par lui-même si puissant. Quel-ques-unes , sans doute , auront fait des expériences et des découvertes dignesdêtre enregistrées dans les fastes de lagriculture, cependant ils gardent le silenceà leur égard. Hypatie enseigna lastronomie ; Laura Bassi piofessa la phy-sique ; Martine de Bertereau a écrit sur les mines 3 la célèbre Agnesi, surle calcul intégral et différentiel ; Madame Fulham , sur la combustion 3 Ma-demoiselle ArdinghelU a traduit en italien , et annoté la statique des végétauxet des animaux, de Haies , que Sauvages et Buffon avoient traduite en françois;madame Priscilla kVakejield a donné une introduction à la botanique, etc.Parmi les écrivains agronomiques, les seules femmes que je trouve à citer sontmesdames Crelté de Palluel, digne compagne dun homme dont le souvenir estcher à lagriculture, Gacon dHumières, et de la Getière , dont on a plusieursmémoires dans ceux de la Société royale dagriculture de Paris , sur les avantagesde léducation des génisses, sur les moyens de faire travailler les abeilles pen-dant les plus grands froids , de faire éclorre artificiellement et délever despoulets dans les hivers les plus rigoureux 3 sur lentretien et lengrais desporcs, etc. (1).

On seroit dans lerreur, si, à laspect de cette foule décrivains mentionnésdans lEssai quon vient de lire, on croyoit que les connoissances agronomiquesétoient généralement répandues en Europe . Ces ouvrages, pour la plupart écritsen latin ou en dautres langues étrangères, étoient inaccessibles au grand nombredes lecteurs. Les communications étoient difficiles dans un temps, pour allerà trente lieues (quinze myriamètres), quelquefois on faisoit son testament.Le commerce, ce lien général des Nations , navoit pas encore étendu ses spé-culations dans toutes les régions civilisées; les voyages, aujourdhui sifréquens ,étoient rares ; et, depuis Luther jusquà la paix de Westplialie , conséquemmentpendant plus dun siècle , lEurope fut presque toujours embrasée. Les pro-cédés de lagriculture nétoient et ne pouvoient être que des connoissanceslocales que la cupidité environnoit encore des ombres du mystère.

Il ny a guère quun siècle, selon Dickson, quon soccupe dexpériences (2)3aussi, de tous les objets sur lesquels peut sexercer la sagacité de lesprit humain,lagriculture est incontestablement un des plus arriérés. Folney porte à quatrecent trente-sept millions le nombre des individus épars sur notre globe ( 3 ) 3ce calcul est certainement plus voisin de la véi'ité que celui qui lélève à neuf

( 1 ) Mémoires dAgriculture et dÉconomierurale, etc., trimestres de printemps 1787,dhiver et dautomne 1789.

(2) The Husbandry 0/ the Ancients ,

etc., volume I, Préface, page xviij.

( 3 ) Tableau du Climat et du Soldes Etats-Unis de lAmérique . Paris , an XII,2 vol. in-8°.