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Tome I.
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SUR L’ AGRICULTURE.

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en conteste la propriété à l’auteur , qui, à l’exemple d’un célèbre physicien denos jours, pourroit dire : Si, comme vous l’assurez , les efforts de nos devan-ciers avoient ouvert la route à cette invention j si, pour l’atteindre, il ne restoitplus qu’un pas à faire, que ne le faisiez-vous ? En s’occupant d’économierurale , on rencontre rarement ces êtres tumultueux qui désolent et décou-ragent. Au surplus, la fermeté de l’homme de génie s’aiguise par les contra-dictions ; même en pardonnant aux médians , il recueille les sentimens dereconnoissance des hommes vertueux , et lègue ses projets , ses efforts, à ceuxqui sont dignes, comme lui, d’être les bienfaiteurs du genre humain.

Jamais , peut-être , aucune Nation ne fut placée dans des circonstances plusfavorables à l’agriculture que la France . A l’avantage permanent d’un climattempéré, d’un sol fertile , se réunissent des avantages de circonstances : la terreest affranchie , le fléau de la féodalité ne pèse plus sur elle $ depuis la vente desdomaines nationaux et le partage des communaux, cinq cent mille prolétairessont devenus propriétaires. Si l’accroissement de la population hausse le prix descomestibles, celui de la main-d’œuvre suit la même progression, et ouvre àtous les produits agricoles des débouchés lucratifs.

Une foule d’individus froissés par le malheur, échappés aux tourmentes poli-tiques, éprouvent le besoin de la solitude, pour se replier sur eux-mêmes, ensevelirdes souvenirs amers, cicatriser les plaies du cœur, retrouver la santé et le repos ,doués de connaissances plus étendues que n’en a communément l’habitant descampagnes, par-là même ayant plus de moyens pour assurer le succès de leursentreprises, ils goûteront encore la douce satisfaction de répandre autour d’euxles lumières, et d’ajouter au bien-être de leurs semblables.

Que ne peut-on inculquer ces vérités à ceux qui, victimes des capricesde la fortune , tristes jouets de l’ambition, s’obstinent à parcourir une routeoù continuellement ils sont coudoyés par la jalousie , la haine, et toutes lespassions les plus abjectes !

La main du Créateur embellit le séjour de l’homme des champs ; autour de luielle sema les plaisirs honnêtes, pour le détourner de ceux qui ne sontpas avouéspar la morale. L’agriculture , la profession la plus ancienne, la plus durable, laplus nécessaire, est encore celle qui trompe le moins les espérances de quiconques’y livre $ unie à la vertu, elle est, pour l’individu comme pour les Nations,un moyen de bonheur et d’indépendance.