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Tome I.
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CLXIX
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POÉSIES.

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Suit le Théâtre d’Agriculture du Seigneurnu Pradel.

Olivier plantureux (duquelles rameauxverdsLa France ornent partout ) rameaux chargésd’Olives,

Jette àforce bourgeons ; afin que tousjours vives :Vi donc en florissant, maugré tous les pervers.

Jamais tu ne mourras : les Parques ni les versEn ta gloire n’auront pouvoir, car les en prives,Repousse ores la mort, et vi afin qu’escrives :D’autant que tes escripts vivront par l’univers.

En tonThéàtre beau, entes Lieux on te trouve,Sans fin on t’y verra, sans que l’oubly t’y couvre,Et sans fin apprendront de toy tous mesnagers.

Resjouyssez-vous donc,vous qui àl’advantageRevenus recevrés pour un si bon mesnageEn chose de si peu que sont vers et meuriers.

P. A. D. C.M.

Sonnet à Monsieur de Serres, sieur dePradel, sur son Théâtre des Champs.

L’ouvra ge qui ne craint la rigueur de l’envie,Ny la suyte des ans l’un sur l’autre entassez,

N’a besoin de renfort, mon Pradel, qui passezTous ceux qui ont escrit de la champestre vie.

Car comme je vous lis, mon ame est tant ravieDe tant d’utilités et discours enlassezDe secrets incogneus, qu’au public vous laissez,Que voir autre que vous du tout je me dévie.

Mes vers n’ont pas pouvoir rendre forts vosescris.

Aussi de le penser je n’en seray repris ,

Mon petit don , ne vole à si hautain mérite.

Car comme le Soleil de sa vive clartéOffusque le moins clair , ainsi peu mérité,J’auroy plus tost de vous ce que tant d’heurmérite.

Pur Jaques deRomieu, docteur ès droictz ,chanoine et secrestain de Viviers.

Sonnet II.

Pallade , Columelle, et Varron et Caton,N’ont rien dit de plus clair , de disert et d’utileParmi tant d’art des Champs dont leur page estfertile ,

Que toy Serres l’honneur de l’eschole à Platon .

Aussi tu ne crains poinct l’outrage deClothon,Ni le regret de ceux qui n’ont l’esprit habileDe survivre à leur nom d’un profitable style ,Telquele tien du ciel, qui tient du plus hault ton.

Les Champs en ta faveur soyent tous couversd’umbrage

Pour du haie d’esté défendre ton visage :

Et pour avoir conduict, couronné de laurier ,

Des Thusques aux François les nymphes Se-rienes ,

Et peuplé de meuriers noz monts , rives etpleines ,

J’appens à ton Pradel , un raiseau de meurier.

Du mesme Jaques Romieu.

Ode sur V Agriculture du sieur du Pradel,par Josv ée Ross el.

Qui n’a par expérienceLa science

De cultiver les champs beaux :

Et veut prendre en la natureNourriture

Des fruicts exquis, et nouveaux;

Qui veut en paix sans dommageVoir son aageParcourir le siècle entier :

Fuyr de Charon la barque ,

De la ParqueFere oublier le mestier ;

Qui veut, esloigné de vices,

En délices

Nous faire voir pour encor ,(Toutes noz tristes annéesTerminées)

Succéder le siècle d’or ;

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