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POÉSIES.
Qui veut sans fendre les ondesVagabondes ,
En grand danger de périr ,
Et n’envyer pour sa vie
L’Arabie,
Et sans les Indes courir ;
Car tout ce qui se désire
D’un Osire ,
D’une Cérès , d’un Bacchus,D’un Saturne , ou Promethée ,Ou Medée ,
Tu l’as et les as veincus.
Trouver en son tabernacle ,
Par miracle ,
Tout ce qui luy faict besoing,.
Dresser mille beaux parterres
En ses terres ,
Sans trop grand peine, ou grand soing ;
Appollon , et .AEsculape ,
Le satrape
De tous les grands médecins ,Verront en ton Iatrique ,
La boutique,
Qui fournit tous ses voisins.
Du Pradel lise ton livre ,
Pour bien suivre
Les traces que tu luy fais :
Il a tout ce qu’il désire ,
Qui le tire,
Et relève d’un gra..d fais.
C’est un bel apprentisage ,
A qui, sage,
Veut mesnager par raison ,
De voir comme tu dispenses
Les despenses ,
Et le train d’une maison.
Le lieu sec, la terre aride ,
Vient humide,
Par l’art de tes beaux engins :
Les monts , ainsi que les plaines ,
De fontaines
Arrousent mille jardins.
Tu entraves , et enlaces
Es filasses ,
Le loup, comme le sanglier ,N’est ours , lion , ni panthèreQui s’enserre ,
Qu’on ne prenne en son halier.
Tu guydes si bien les sources,
Que les courses
De toute nature d’eaux ,
Esgayent la terre dure ,
De verdure,
Et du bruit de ses ruisseaux.
Le renard y perd sa ruse j
Et s’abuse,
Voulant manger ton poulet :
Il ne peut voir la geline
De sa mine,
Quand tu le tiens au collet.
J’oy résonner ès cabanes,
Cent pavanes ,
Et dans l’orée des bois,
Mille Nymphes, mille Fées,
Descoiffées,
Sautellans, hausser leur voix.
Le crapaut veut de tes gerbesDe tes herbes
La taupe le fonds sapper.
N’y a vermine , ou mangille,Ni chenille ,
Que tu ne sçache attraper.
Tu fais que tout est fertile :
D’inutile
Rien ne se pourra trouver.
Tu nous monstres la manière ,
De bien fere
i La terre , et la cultiver.
La plante la plus nuisibleEst duisible ,
Et porte plus de proffit,
Par ton art et industrie
A la vie,
J Que celle qui point ne nuit.
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