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POÉSIES.
Des-ja, des-ja l’on recueille
De la fueille,
D’un arbre plus de proffit,
Que du fruict qui la bricolle,
La fleur voile ,
L’autr’ a la fueille , et le fruict.
Monstrez-nous une manière,
De bien faire
Noz champs riches et plaisans :
Qui nous die combien vaine ,
Est la peine
Et vie des courtisans.
Un paradis de plaisance
Car rien n’y est désiré :
De sa richesse elle abonde
Tout le monde ,
Ailleurs on est martyre.
Monstre-nous l’architecture ,
La structure
Bien compassée par art,
Où l’hyver soit sans injure
De froidure,
Mais des trois temps ait sa part.
Tantost défaudra la vigne,
Là la ligne
Ne peut dresser ses sentiers :
Du Pradel faict des allées
Es vallées ,
Chemins unis , et entiers.
Monstre-nous de la semence
La science ,
Par le cours continuel
Relevée,
Et nostre bien annuel.
Ses montaignes VivAROisEs
Des ardoises,
Couvrent les toictz des maisons ;
Les pendantz ont moings de peine ,
Que la plaine ,
Et sont munis de cloisons.
Enseigne-nous la cabale
D’un Dædale :
Mais hélas ! j’y suis entré :
Et ne puis de ma sortie
L’industrie
Avoir qu’en toi rencontré.
Et Norvède,
Où la gelée des Nordz
Tue l’herbe délicate,
Qui se gaste
De leurs trop cruels efforts ;
Du Pradel, tifê-iii’ën donqucsCar quiconques
Voudra voir ton cabinet,
Et courir en tes carrières,
Et parterres ,
Il s’y perdra tout-à-fet.
Vous aviés faict entreprise
Par transmise ,
1 D’y planter des orengers ,
Ou des meurthes , ou des dattesDélicattes,
Vous y fériés des vergers.
Je te donne en récompense ,
Par dispense,
Un bouquet de ton jardin :
Une couronne de lierre ,
Qui enserre
Ton chef, comme homme divin.
i Mais laissons-les , je vous prie :
J C’est folie
D’aller loing de sa maison,
Trop avide,
S’on trouvera la toison.
La teste du bon Lyée
Est coiffée,
De pampre , laissons-le luy:
Suffit, la vigne bourgeonne,
Qui nous donne ,
De sa liqueur le plain muy.