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Tome I.
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CLXXI
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POÉSIES.

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L’une mille secrets cache,

L’autre fasche

Jusques aux esprits malings :

Et rompt de la Nécromance ,

La puissance ,

Et les charmes des devins.

L’autre donne la richesseA largesse,

Et l’autre esgaye les sens :

Les fleurs , les fruicts qui pendillent,Entortillent

Mille rameaux verdissans.

Du Pradel, que veux-je dire?Je désire,

De me taire , et ne parler sCar tant plus je me demeine,Etpourmeine ,

Tant moins sçay j’où doy j’aller.

Les roys cerchent ta scienceA outrance,

Comme ilz lisent tes escritz :

Or’ilz piquent, or’ilz chassent,

Or’ilz tracent,

Le dessain d’un beau pourpris.

Or’iiz abbaissent leur sceptre ,

Pour repaistreLeur esprit trop opprimé,

Aux Champs , laissant les misèresDes affaires,

Qui font l’homme consumé.

Ilz veulent voir la liesse ,

Que l’addresse

D’un travail sainct peut donner.

Lors qu’on recueille l’usure ,

Et nature

Veut les hommes guerdonner.

Une geline criarde,

Et languarde,

Leur donne plus de plaisir ,

Que des fols les bouffonnades ,

Trop maussades,

Et des gens trop de loisir.

Le son bruyant des avettesDoucellettes,

Travaillantes à leur miel ,!

Est plus beau qu’une musiqueTrop lubrique,

Qui nous destourne du Ciel.

Tondre d’une main humaine ,

Pour la laine,

C’est la brebis soulager:

Mais pour si peu que l’on pinceLa province ;

C’est son eschine charger.

Un bon prince débonnaireNous est père ;

Dans un cabinet espais ,

D’une belle entrelassureDe verdure

Prenant, et donnant la paix.

Nous avons libre la FranceDe souffrance,

Rendons en grâces à Dieu :

Le bien qui se multiplie,

Fructifie ,

Sans nulle peur en tout lieu :

Cependant que tu cultivesEt nos rives ,

Et nos champs , nos preds , nos monz :Et que les lieux plus sauvagesEn noz aages,

Se trouvent des plus féconds.

L’Indie , et l’ÆthyopieOnt envie,

De noz soyes, et meuriers :

Tu colloques les chastaignesDes montaignes ,

Tout auprès des Oliviers.

Ce que jadis par merveille,

Nostre oreilleOyoit de loin raconter,

Tu fais , qu’on le nous apporteA la porte :

Et si les voyons planter.