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AU ROI.
Sire,
Ces excellens et héroïques tiltres , de Restaurateur et Conservateurde son Royaume , que Vostre Majesté s’est glorieusement acquis parla Paix générale , sont les ejfects de vos saincts vœux et souhaits ; etdes grâces particulières dont Dieu vous a orné et décoré : qui ayant bénivos laborieux travaux , vous a donné ce contentement, que de venir àbout de si grande œuvre, contre l’attente de tout le monde, à l’honneur devostre fleurissant nom, et très-grandprojit de vostre Peuple ; lequelparce moyen, demeure en seurtépublique, sous sonjîguier, cultivant sa terre,comme à vospieds, à l’abri de Vostre Majesté, qui a à ses costés la Justiceet la Paix. Ainsi , vostre Peuple, Sire , délivré de la fureur et frayeurdes cruelles guerres , lors qu’il estoit comme sur le bord de son précipice,et jouissant maintenant par vostre moyen , de ce tant inestimable bien dela Paix, c’est aussi à Vostre Majesté, à laquelle après Dieu , il a à rendregrâces , de sa vie , de son bien , de son repos : comme à son père , sonbien-faicteur, son libérateur. Estans donques passées ces horribles confu-sions et désordres , et revenu ce bon temps de Paix et de Justice ,par lebon-heur de vostre règne , lequel de sa clarté, comme Soleil levant, adissout tous ces nuages. De mesme est arrivée la saison de publier cesmiennes Observations sur l’Agriculture : à ce que servans d’addresse àvostre Peuple , pour cultiver sa terre , avec tant plus defacilité ilsepuisseremettre de ses pertes , que plus de soulagement l’on reçoit par le secoursopportunément employé. Plustost n’eustesté convenable : car à quel proposvouloir enseigner à cultiver la terre en temps si désordonné , lors que sesfruicts estoient en charge, mesme à ceux qui les recueillaient, pourcrainte d’en fomenter leur ruine, servans de nourriture à leurs ennemis ?Une autre considération m’a fait résouldre à ceci : c’est le service que jedois à Vostre Majesté, comme son naturel suject. Il est dit en l’Escriture