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AU ROI.
EcclésiastOj
c hap. 5. 9 .
Saincte, que ie Roi consiste, quand le champ est labouré:dont s’ensuit que procurant la culture de la terre , je ferai le service demon Prince : ce que rien tant je ne désire , afn qu’en abondance de pros-pérités Vostre Majesté demeure longuement en ce monde. Et d’autant,Sire, que pour l’establissement du repos de vos sujects avés tant prisde peine , et surpassé tant et de si diverses et espineuses difficultés, etqu’en suite de vos louables intentions , désirés les voirpourveus de toutesorte de biens pour commodément vivre , me faict espérer que mes dis-cours , tendans à ce but 3 vous seront agréables : et qui ilplaira à VostreMajesté, à laquelle avec toute humilité et révérence je les consacre , lesrecevoir de son œil favorable. Ils ne contiennent que Terre et Labourage ;si ne sont-ils pourtant abjects et contemptibles , ains de très-grande impor-tance : comme tels sont-ils recogneus , en les contemplanspar leurs effects :car rien de plus grand ne se peut présenter aux hommes , que ce qui lesachemine à la conservation de leur vie. Il g a de plus, Sire , que c’estparlera Vostre Majesté de sespropres affaires:parce que vostre Royaume,qui tient le plus signalé reng en la terre universelle , estant terre sujette àculture , mérite d’estre cultivée avec art et industrie , pour lui faire re-prendre son ancien lustre et splendeur, que les guerres civiles lui avoientravi. Moyennant lequel traictement, et la bénédiction céleste , par le bonordre que jay avés establi, tost reprendra-il son ancien bon visage : si quetous vos sujects auront matière de prier Dieu pour vostre longue et pros-père vie : et vos voisins } occasion d’admirer la grandeur et excellence devostre esprit, et la magnanimité invincible de vostre courage ; d’avoir sibien et si tost remis et restabli les choses tant désespérément destraquées.Tesmoignages évidens de la singulière faveur de Dieu envers vous , quivous ayant constitué en ce throsne royal de vos anceslres , vous y affer-mira et les vostres,pour longues années , bénissant vostre sage conduicte ,dont la renommée s’en asseurera à la postérité, et en seront vos jourscomptés entre les plus heureux de tous les siècles. Ainsi que très-humble-ment le supplie ,
SIRE,
A Paris , cc premier jourde Mars mil six cens.
Vostre très-humble, très-fidèle,et très-obéissant serviteur et suject,Olivier deSerres.