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Tome I.
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CLXXXV
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PR É F A C E.

clxxxv

Théâtre, les mémoires de me s nage , que jai cogneu jusques ici estrepropres pour lusage dun chacun , autant que ceste belle science y peutpourveoir.

Il est plus aisé de souhaitter , que de rencontrer un lieu aux champs,accompli de toutes commodités; cest à dire , qui soit bon et beau,. leciel et la terre saccordans ensemble , portent à lhomme tout ce quilpourroit désirer , pour plantureusement vivre. Mais dautant que Dieu veut que nous nous contentions des lieux quil nous a donnés, il estraisonnable que lesprenans comme de sa main, tels quils sont, nous nousen servions le mieux quil nous sera possible, tascheans par artifice etdiligence , à suppléer au défaut de ce qui leur manque : suivant ce quedit loracle : Ne haï point le labourage , encor quil soit pénible ; carcest de lordonnance du Souverain : et ceste lumière de vérité estremarquable aux Payens.

Ecclesias-tique y

chap. 7 . i5»

Le père na voulu que le labeur champestreEust chemin si aisé, ains en lhomme a faict naistreEt lart et le souci de cultiver les champs,

Et, juste , a refusé les fruicts aux non-chalans (*).

Celui qui est en délibération dachepter quelque terre , a bien autreprivilège que ceux qui en ont de succession, pour ce que par argent ilen peut choisir et acquérir; et seroit mal-avisé, ayant à choisir, deprendre le pire. Quil sasseure néantmoins , de ne pouvoir jamais treuverun lieu ( quelque recerche et chois quil en face ) entièrement accompli detout ce quipeut y estre désirable. Cest pourquoi, ceux qui aiment lAgri­ culture , doivent premièrement, chacun en son regard, bien cognoistre laqualité et naturel particulier de sa terre , pour laider par industrie , àconcevoir et enfanter sesfruicts , selon qui elle en est diversement capable.Lart avec la diligence tire des entrailles de la terre ( comme dun thrésorinfini et inespuisable ) toute sorte de richesses. Et ne faut doubter, quequiconque la voudra soigneusement cultiver, ne rapporte en fin, digne

(*) Cest la traduction des vers par lesquels Virgile commence ce quil dit sur le labourage ;

Pater ipse colendi

Haud facilem esse viam voluit, primusqueperartemitfo vit agros , curis aeuens mortalia corda :

Nec torpere gravi passas sua régna veierno.

(Geokc., lib. I, v. 121-124.)

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