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PREMIER LIEU
tous terroirs, et dont de nécessité faut qu’ilsparticipent. De là procède la fertilité et sté-rilité des terroirs , au profit ou détrimentdu laboureur, selon que la composition desargilles et sablons, s’en treuve bien oumal faite. Car comme le sel assaisonne lesviandes, ainsi l’argille et le sablon estansdistribués ès terroirs par juste proportion,ou par nature ou par artifice , les rendentfaciles à labourer, à retenir et rejet ter con-venablement l’humidité 5 et par ce moyen,domptés , aprivoisés , engraissés , rap-portent gaiement toutes sortes defruicts.Comme au contraire, importunément sur-montés par'l’une ou l’autre de ces deux dif-ferentes qualités, ne peuvent estre d’au-cune valeur : se convertissans en terrestrop pesantes, ou trop légères ; trop dures,ou trop molles ; trop fortes, ou trop f oibles jtrop humides, ou trop sèches ; bourbeuses,croieuses , glaireuses , difficiles à manieren tout temps , craignans l’humidité enliyver , et la sécheresse en esté ; et parconséquent presques infertiles (2).
Leur vou- La couleur ne suffit à telle instruction ,bien que la noire soit la plus prisée detoutes , pourveu qu’elle ne soit maresca-geuse, ne trop humide 5 car estant abreu-vée, sera plustost de ceste-là que d’autre.La cendrée , la tanée, la rousse suiventaprès: puis lablanche, la jaune, la rouge,qui ne valent presques rien ( 3 ) : non plusque celles qui ne produisent aucune herbemangeable ains de puante, et laide avoir :
Lcr im- ou bien, de bonne senteur, comme en
“ r - quelques endroits du Languedoc et Pro vence , du serpoulet, du thim, de l’aspic,de la lavande : aussi dit le bon mesnaaer,
Tu n’employeras ton labeur |
En terre de bonne senteur (4). J
Les trop pierreuses, et les importunées |
de rochers , sont mises au rang de celles ,qui, produisans abondance de feugère etde jong , manifestent leur insuffisance àbien faire ( 5 ).
Les terroirs laissés en jaschère ou enfriche , parmi lesquels setreuvent des re-liques d’édifices antiques, sont sans douteles meilleurs. Laraison est, qu’estans cuitset recuits à la longue, avec le meslinge dessables et chaux des bastimens desmolis ,par feu ou vieillesse, se sont rendus plusfriables, et ensuite aisés à cultiver j ayanspar ce moyen, et de la graisse et de la dou-ceur , qualités nécessaires à la productionde tous fruicts.
Virgile , Columelle , Palladius , et , ^
C> y * uc la toi/c
autres anciens , nous ont enseigné despreuves pour cognoistre la portée des ter-roirs. La terre qui est du tout bonne , ne B*«nc,pourra toute estre contenue dans la fossed’où aura esté freschement tirée, quelqueeffort qu’on en face : parce qu’elle s’enfle àl’aer, comme la paste par le levain (6). Lamauvaise et trop légère , par sa déclieute iïlauwUe ,estre esventée, se diminuera tellement, "qu’elle ne pourra occuper tant de place ,qu’elle faisoit avant estretirée de la fosse.
La moyenne, seulement la remplira, sansy en rester ne défaillir. Celle qui tient auxmains , comme glu , estant mouillée ettrempée dans l’eau , est grasse et fertile.
Ils ontaussicommandéd’endissoudredansl’eau, pour juger par la douceur de l’eauqui en coulera à travers d’un linge, de ladouceur de la terre : rejettant comme inu-tile , celle dont l’eau sortira, ou puanteou salée , ou d’autre mauvaise odeur ousaveur(7).
Ouvrir et creuser la terre , est asseuré A ""‘
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moyen de cognoistre sa portée : car estantchose confessée de tous, que la meilleure