6
PREMIER LIEU
toutes les autres ; à cause que les vents etles fanges n’y sont trop importunes, comme«i ès montaignes et plaines, où ces deux in-jhntatgn,, commo( ]i t( } s nu i se nt beaucoup. La mon-taigne ne peut convenablement servirqu’en bois etpasturages pourlebestail, enquoi elle est très-propre : mais d’en fairedu labourage, d’y planter des vignes etarbres , désirans la culture, cela est biendifficile, de grand coust, et de petite du-rée ; par escouler la graisse de la terre avecles pluies f et lascher trop tostl’humidité,raesme tant plus le fonds se treuve cul-tivé : qui a faict dire aux bonnes-gens,
En terroir pendantNe mets ton argent.
Mau* et Au contraire , la raze campagne estanttrop platte , retient trop longuement leseaux, au détriment du labourage ; lequelne se peut ni bien faire , ni avancer avectrop d’humidité. Perte qui se recognoit eten la qualité et en la quantité des ffuicts.cettunu. Ainsi void - on que le coustau résistantmieux aux intempéries, que ne la plaine,ne la montaigne, est à préférer à touteautre assiete. Pour laquelle cause, le paysde Brie est beaucoup prisé, dont le grandnombre de belles maisons de gentils-hom-mes qu’on y void , accomparé au petit dela Beausse, monstre combien plus dèslong temps, les coustaux ont esté recer-chés que les plaines. Voilà les généralesadresses pour la cognoissance des terres.
CHAPITRE II.
Du chois et élection des Terres , etacquests d’icelles.
M aintenant il faut monstrcr au père-de-famille l’ordre qu’il a à tenir pour bienchoisir la terre, et s’en bien servir, enten-dant lui-mesme ce qu’il acliepte, sans s’enrapporter du tout au jugement d’autrui.Qui sont les deuxpoincts que nous avons àtraicter ensuite, avant que de dresser sonlogis, et lui ordonner la façon de sonmesnage.
Nostre intention n’est jias d’imaginerici des Champs Elysées , ou des Isles for-tunées; ains de monstrer simplement lemoyen de distinguer d’entre le fonds qu’onpeut avoir, le plus commode, pour se l’ac-quérir ; et en après le cultiver, avec telprofit qu’on doit raisonnablement espérer.Au chois des terres et en leur culture,nous cerclions ce qui se peut treuvcr etfaire. Mais comme en establissant une ré-publique , il en faut représenter , pour unpréalable , une idée et patron parfait, oùnous rapportions l’estât sous lequel nousprétendons heureusement vivre : aussien descrivant nostre communauté cham-pestre, qui nous empeschera de monstreren ce commencement, ce qu’on peut sou-haiter avec raison, et tellement espérer ,que nous regardions ce que nous pouvonset devons, pour approcher parce moyen,le plus près qu’il sera possible, de la per-fection que nous promet nostre agricul-ture ? Ce n’est pas donc pour fantastiquerquelque chose impossible, par une vainecuriosité, ou ramener à nostre siècle rie-