DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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à-ric, tout ce qu’ont escrit les anciens :mais bien pour mettre devant les yeuxceste belle ordonnance, qui nous serve,avec ce jusques-où que nostre terre nouspermet. C’est ici donc le dessein du ter-roir que peut souhaiter nostre mesnager.
Qua'tié, Que le domaine soit posé en bon et sa-ÇZrun'i,„„ lutaire aer, en terroir plaisant et fécond,eittau/uu. p 0urveu c l e douces et saines eaux, toutuni, et joinct en une seule pièce, de figurequarrée ou ronde. Noble , avec toute ju-risdiction, à elle sujets les liabitans plusprochains (11) : près de bons voisins , etnon esloignée d’un grand et profitable che-min. Divisée en montaigne , coustau etplaine. Lamontaigne, ayant en doslabise,regardant le midi ; revestue d’herbagespour la nourriture du bestail, et de boisde toutes sortes, pour le chauffage et bas-timent. Le coustau, en semblable aspect,au dessous de la montaigne, pour, parelle estre en abri : en fonds propre à vi-gnoble, jardin, verger, et semblables gen-tillesses. La plaine, non tropplatte, ainsun peu pendante pour vuider les eaux dela pluie •, large , de terroir gras et fertil,doux et facile à labourer : arrousée d’eaudouce et f ructifiante, venant de haut, pourestre despartie par tous les endi-oicts dudomaine ; afin d’y accommoder des prai-ries , viviers, estangs, arbres aquatiques :la plaine despartie en deux , l’une à cesusages-là, et l’autre à la culture de laterre-à-grain. Qu’en quelque endroit du do-maine , y ait des quarrières et pierrières,afin d’y tirer de la pierre pour bastir : decelle qui est bonne pour la chaux: et d’autrepour le piastre : aussi qu’il s’y treuve de laterre propre à faire des thuiles, pour lescouvertures des logis ; à ce qu’on ne soit enpeine d’aller cerclier loin ces tant néces-
saires matières. Que ce fonds ne soit loindelamer ouderivièrenavigable ,mais sansravage : ne de bonne ville , pour débiterles denrées, construire des moulins, et ti-rer au très commodités : et en général, d’ai-sé charroi, et le pays non trop pierreux.
On pourvoit remarquer plusieurs autres Kê, essaim
• 1 • t i l • / commodités.
singularités et pour la commodité, et pourle plaisir : mais afin que ce discours n’ou-tre-passe les limites de raison, monstrantplustost des souhaits que des effets, restrai-gnons toutes ces commodités que nous re-cerchons en nostre lieu , à cinq , commeaux principales, nécessaires et suffisantespour le soustien de ceste vie: à l’aer, àl’eau, à la terre, au voisin, et au chemin.C’est-à-dire, en la santé de l’aer, en labonté de l’eau, en la passable ou moyennefertilité de la terre , au bon voisin, et auprofitable ou non-dommageable chemin :et que pour en recueillir les fruicts, on nesoit contraint bailler tous-joursle domaineà ferme, ains quand l’on voudra, le jiou-voir commodément tenir à sa main, le fai-sant cultiver par serviteurs domestiques.
Qu’il ne soit aussi totalement desnué debois, qu’au moins il y en ait de quelque es-pèce, pour aider au chauffage, en atten-dant qu’on y en ait édifié abondamment.
Ce sontles commodités nécessaires pourle mesnage champestre, les unes plus, lesautres moins : mais si elles défaillent en-semble, le séjour des champs ne peut estrequ’une prison , au lieu d’une plaisante de-meure que nous demandons. Ce seroitaussi tesmoignage de peu de jugement,ou d’achepter des incommodités et pertestoutes notoires , ou de s’opiniastrer en unepeine pernicieuse.
La cognoissance de l’aer et de l’eau,quoj-que des plus împortans articles, est î'acrct l\ au.