I
DU THEATRE D’AGRICULTURE.
mode:
iw, l e i-encontre del’aer et de l’eau mal-sains :
l e au ,
desquels estant contraint d’user, parl’as-siete de la maison, l’on est continuelle-ment tourmenté de plusieurs maladies,comme ayant tous-jours à combattre contreL<t urre t } a mor t ; de labourer une terre désagréablete chemin e t presques infertile , dont le rapport ne
mauvais ' 11
ui, - incom- respond à la despense de la culture :d’estre forcé par- mauvais voisinage, devivre en perpétuel souci, et, pour se gar-der des outrages et violences d’un mes-cliantbomme, tumber à telle extrémité,que de recourir à la seurté des armes par-ticulières : d’estre souvent et inopinémentincommodé , pour l’approclie d’un grandchemin , sans que par iceluy l’on puissetirer argent des fr uicts, par- estre de tropdifficile charroi, et ne tendre en ville decommerce.
Ces deux derniers articles , se peuventaucunement adoucir par artifice , mesmeles changemens des temps, sans moyen,par morts ou autres événemens, y peuventapporter remède: mais estans telles at-tentes chose par trop périlleuse, j’estimene devoir estre tenu pour prudent homme,celui qui à deniers contans , s’achepte-roit telles et tant pernicieuses incommo-dités. Et tant plus se refroidira-il de telsacquests, contemplant combien déplaisirprocède des lieux bien qualifiés -, pour très-grand ornement desquels , s’accompte leion bon voisin, à cause des infinies commoditésqu’on reçoit de sa douce et vertueuse con-versation , ainsi qu’ Hésiode l’a descript,
Le bon voisin en ta nécessitéAccourt piés-nus secourir ta famille:
Mais le parent tout-à-loisir s’habille ,
Pour t’aller voir en ton adversité.
Ne crain donc point (jue ton bestail périssePar fraude , ayant ton cher voisin propice.
Théâtre d 9 Agriculture, Tome /.
Du
voisin*
Avis pour’aueurance
Par quoi l’homme d’entendement en seservant de ces adresses , les tiendra pourdéfenses, afin de ne les outrepasser aucu-nement , s’il désire d’estre bien logé et ac-commodé aux champs : s’asseurant qu’aurencontre de ces cinq seules qualités, avecleur suite, treuvera de quoi raisonnable-ment se contenter (i 4 )-
Je ne discours ici de l’ordre qu’avés à „tenir pour l’asseurance de tels acquests : ac i uei 'si ce sera par achapts , eschanges , dona-tions ou autres légitimes et ordinairestiltres. Je présuppose que n’y procéderésqu’avec bon conseil et avis. Autre adresseque générale ne vous pourroit aussi estredonnée en telles matièi’es, c’est, de bienaviser de vous garder d’estre enferré, encontractant inconsidérément avec un mau-vais vendeur: d’aller retenu, et, si pos-sible est par authorité de justice, qui estla plus seure voie, en l’acquisition d’unbien du roi, d’un bien d’église , d’un biensujet à substitution ou restitution : de celuid’une femme mariée ; d’un mineur ; d’unendebté et hypothéqué 5 d’un furieux ;d’un prodigue, à ce que tant plus gaie-ment le répariés et agenciés, que moins au-rés à craindre , ne l’envie de l’avenir, netel bien pouvoir jamais estre par aucun é-vincé : vous représentant aussi, que quibien acquiert, bien jouit, et que s’il y a defols vendeurs, il y a aussi de fols achep-teurs. Donques, pesant ces circonstances,sans vous escliauffèr ne refroidir qu’avecraison , vous hastant lentement, négo-tierés en cest endroit avec retenue dili-gence , afin que l’occasion passée, n’ayésmatière de vous repentir, pour avoir ex-cédé en l’une ou en l'autre (f5).
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