Band 
Tome I.
Seite
8
JPEG-Download
 

8

P II £ M I E II LIEU

de plus grande facilité que nul des autres.Certes plus grande ne pourroit estre clioseque celle, qui, selonles causes secondes,augmente ou diminue la vie de lhomme,comme le sens commun nous monstre,telle faculté appartenir à ces deux élémens.Et touchant la facilité à les recognoistre,rien plus aisé ny a-il : dautant que sansvous donner autre peine, il ne faut quefréquenter le Heu désirés vous loger,seulement trois jours en chacune saison ,pour vous résoudre de la portée de laeret de leau : ainsi dans une année facile-ment vienclrés à bout de chose tant impor-tante. ISul lieu ne peut estre dictsain, silne lest continuellement5 y en ayant aucunssalutaires en hyver, qui ne le sont pas enesté 3 autres au printemps , non en lau-tomne. Joinct, quau visage des liabitans,on peut lire aucunement la portée de cesdeux élémens : nestansgénéralementbienhabitués , ne de bonne couleur, ne defranche voix, ceux qui se nourrissent èsendroits laer et leau sont mauvais. Carlexpérience convainc lopinion d ePline,qui dit, la faculté de laer nestre recog-noissable à la disposition des hommes, quitous-jour s se treuvent bien sous quel aerquils soient, quoique pestilent, teUayansaccoustumé.

ùectim Pour le regard de lassiete et qualité des

j.nrthulière . ° ,

nu tenir terroirs , la raison veut que détaillant le

v ûu, coustau, lon sarreste plustost à la plainequàlamontaigne. Au défaut de la terre dutout bien qualifiée, quon élise plustost lapesante, que la légère : la dure, que lamolle : la forte , que la foible : lhumide,que la sèche: la cendrée, tannée, rousse,que la blanche,jaune, rouge : la grave-leuse , que la pierreuse : largilleuse, quela sablonneuse3 pour le chois quil y a du

froment au seigle ( ce grain- souffrantlargille, etcestui-ci, le sablon). Que sileschet quayés leau grasse à commande-ment, pour arrouser tel terroir, prisés-lepar dessus tout autre : parce quavec telbénéfice, suppléerés aux défauts et imper-fections naturelles du fonds : duquel par lemoyen de la bonne eau, ferés des prairieset terres labourables à volonté : précantet défri clieant les unes etles autres alterna-tivement par années, pour tous-jours avoirdes terresetpreznouveaux, etparcernes-nage , chacune année abondance de bléset foins. En somme , quelque assiete etqualité de terre tant rebource soit-elle, parla faveur de leau fertile, sera accommo-dée, et ses aspretés naturelles de beaucoupaprivoisées, tant telle eau est de profitablerevenu 3 toutes-fois avec tant plus deffica-ce, que plus le ciel de la contrée est chaud,pour la raison des arrousemens (12.).

De poser ici les termes et limites dudomaine , nest à propos , puis quil nese peut mesurer à autre toise, quauxmoyens de nos tre père-de-f amille, pour,selon iceux , restreindre ou amplifier lesbornes de sa terre : tiendra néantmoinspour maxime ce conseil de Virgile , i nu.uioi,,

1 ° pcnli.i n.

Au grand terroir louange donne , «.u^umu

A semer le petit tadonne ( i3) , t0 10,

plustost que de mettre sa fantasie en tropgrande quantité de labourage , pour sensurcharger. Ainsi en se mesurant, il sac-querra un lieu de moyenne contenue, plus-tost petit que grand: lequel satisfera à saraisonnable intention, estant avec science,diligence et frais modérés, gaiement cul-tivé et réparé, avec plus de profit, que silembrassoit trop pour mal estreindre.

A ces avis sera-il du tout arresté, quandil considérera combien dommageable est

le