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de plus grande facilité que nul des autres.Certes plus grande ne pourroit estre clioseque celle, qui, selonles causes secondes,augmente ou diminue la vie de l’homme,comme le sens commun nous monstre,telle faculté appartenir à ces deux élémens.Et touchant la facilité à les recognoistre,rien plus aisé n’y a-il : d’autant que sansvous donner autre peine, il ne faut quefréquenter le Heu où désirés vous loger,seulement trois jours en chacune saison ,pour vous résoudre de la portée de l’aeret de l’eau : ainsi dans une année facile-ment vienclrés à bout de chose tant impor-tante. ISul lieu ne peut estre dictsain, s’ilne l’est continuellement5 y en ayant aucunssalutaires en hyver, qui ne le sont pas enesté 3 autres au printemps , non en l’au-tomne. Joinct, qu’au visage des liabitans,on peut lire aucunement la portée de cesdeux élémens : n’estansgénéralementbienhabitués , ne de bonne couleur, ne defranche voix, ceux qui se nourrissent èsendroits où l’aer et l’eau sont mauvais. Carl’expérience convainc l’opinion d ePline,qui dit, la faculté de l’aer n’estre recog-noissable à la disposition des hommes, quitous-jour s se treuvent bien sous quel aerqu’ils soient, quoique pestilent, teU’ayansaccoustumé.
ùectim Pour le regard de l’assiete et qualité des
j.nrthulière . ° ,
nu tenir terroirs , la raison veut que détaillant le
v ûu, coustau, l’on s’arreste plustost à la plainequ’àlamontaigne. Au défaut de la terre dutout bien qualifiée, qu’on élise plustost lapesante, que la légère : la dure, que lamolle : la forte , que la foible : l’humide,que la sèche: la cendrée, tannée, rousse,que la blanche,jaune, rouge : la grave-leuse , que la pierreuse : l’argilleuse, quela sablonneuse3 pour le chois qu’il y a du
froment au seigle ( ce grain-là souffrantl’argille, etcestui-ci, le sablon). Que s’ileschet qu’ayés l’eau grasse à commande-ment, pour arrouser tel terroir, prisés-lepar dessus tout autre : parce qu’avec telbénéfice, suppléerés aux défauts et imper-fections naturelles du fonds : duquel par lemoyen de la bonne eau, ferés des prairieset terres labourables à volonté : précantet défri clieant les unes etles autres alterna-tivement par années, pour tous-jours avoirdes terresetpreznouveaux, etparcernes-nage , chacune année abondance de bléset foins. En somme , quelque assiete etqualité de terre tant rebource soit-elle, parla faveur de l’eau fertile, sera accommo-dée, et ses aspretés naturelles de beaucoupaprivoisées, tant telle eau est de profitablerevenu 3 toutes-fois avec tant plus d’effica-ce, que plus le ciel de la contrée est chaud,pour la raison des arrousemens (12.).
De poser ici les termes et limites dudomaine , n’est à propos , puis qu’il nese peut mesurer à autre toise, qu’auxmoyens de nos tre père-de-f amille, pour,selon iceux , restreindre ou amplifier lesbornes de sa terre : tiendra néantmoinspour maxime ce conseil de Virgile , i nu.uioi,,
1 ° ’ pcnli.i n„.
Au grand terroir louange donne , «.u^umu
A semer le petit t’adonne ( i3) , t0 “ 10,
plustost que de mettre sa fantasie en tropgrande quantité de labourage , pour s’ensurcharger. Ainsi en se mesurant, il s’ac-querra un lieu de moyenne contenue, plus-tost petit que grand: lequel satisfera à saraisonnable intention, estant avec science,diligence et frais modérés, gaiement cul-tivé et réparé, avec plus de profit, que s’ilembrassoit trop pour mal estreindre.
A ces avis sera-il du tout arresté, quandil considérera combien dommageable est
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