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PREMIER LIEU
que mieux s’accordera. Que nostre père-de-famille conserve chèrement ses bois : aucoupper, allant tellement retenu, que cesoit pour laseule nécessité qu’il en prenne,oupourl’importunempescliement.Qu’auxlieux plus bas, soient les estangs , saus-saies , peuplaies , tremblaies , aunaies ,ozeraies et semblables bois aquatiques ,et en suite les prairies. Aux plus hauts,les forests et bois sauvages , secs , detoutes sortes , avec les pastis pour le bes-tail, taillis pour buissons et garennes. Esmoyens ou coustaux, tempérés d’humiditéet de sécheresse , les terres - à - grains ,vignobles , jardinages , vergers d’arbres-fruictiers : avec toutes-fois ce particulierdespartement, qu’ès plus relevés et plusmaigres de tels endroits, les vignes ayentquartier : et ès plus abaissés et gras , lesblés. Qu’ès terres plus argilleuses que sa-blonneuses , et aer plus chaud que froid ,il sème plustost du froment que du seigle :ès plus sablonneuses , qu’argilleuscs , etaer plus froid que chaud, du seigle que dufroment. Que pour le décorement de sonlieu, il dresse les avenues de sa maison detant loin qu’il pourra, par longues et largesallées , droictement alignées , et au par-terre bien unies , qu’il fera passer à tra-vers de ses forests, si faire se peut, sansgrande tare ; ou bordera ses allées d’arbresde ceux qui seront déplus facile accroist,et déplus grand profit etjdaisir. Ainsi aurala maison de nostre mesnager plaisant etagi'éable abord : et son domaine par tellejuste proportion ainsi détaillé etbien ines-nagé , moyennant raisonnable estendue,et la faveur d’en-haut, se rendra capabled’entretenir une grande et honorablefamille (19).
CHAPITRE V.Dessein duBastmientchampestre (20).
Comme ce discours est général , pourmonstrer en gros ce qu’il convient faire dechacun terroir , selon sa portée ; aussi ladisposition des logis pour les hommes etpour les bestes, sera en cest endroit traie-tée généralement, réservant en son lieu àparticulariser et la culture de la terre, etla diversité des bastimens , pour instruirele père-de-famille du moyen qu’il doit te-nir à s’accommoder de l’un et de l’autre ,en mesnageant, sans excessive despenseet longueur.
Deux choses sont requises aux basti- Bri " té «
î » beauté recer -
mens : assavoir ; bonté etbeauté ? aiin d en chèet p0 uru
, . /lin bastirnent ,
retirer service agréable. Par quoi ) oignans ctensemble ces deux qualités-là, nous as-serrons nostre logis des champs en lieusain, et le composerons de bonne matière,avec convenable artifice : dont sera évitéle tardif repentir, qui tons-jours suit l’in-considéré avis de ceux qui bastissent.
Donques avant qu’entrer en despense , B li ' uprésupposé vostre pays estre sain, encores «>»faudra-il en choisir la partie la plus salu-taire , plus plaisante pour vostre habita-tion, et la plus mesnageable, selon la por-tée de vostre bien : accommodans ces troisconsidérations, le mieux que faire se pour-ra, parl’avisdeplusieursgensd’esprit, en-tendus en telles matières, qu’aurés assem-blés auparavant, comme en consultation.
Les anciens ont ordonné le bastirnent Ads cescliampestre à demi-montaigne, regardant q
le midi, estimans telle assiete la plus sa-lubre ,