DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
tendre son esprit à toutes négociations rus-tiques ; si non contraires, à tout le moinsdifïérentes par entr’elles : n’y ayant autresympathie entre le berger, le laboureur,et le vigneron ( discordans au reste parleurs exercices séparés) que de tendre tousensemble à ce but, de nous administrerles divers fruicts dont sommes nourris.Harmonie jiareille à celle du luth et sem-blables instruments de musique, prove-nant de l’inégalité et diversité de leurscordes.
Donques faudra que tel père-de-famille,commandant généralement sur toutes lesparties de son terroir, sçacliel’ordre par-ticulier qu’il a à observer en chacune d’i-celles , pour en retirer le digne rapport.Se représentera le général - d’armée ,qui pour obtenir la victoire commandeplusieurs hommes, divers en moeurs, enlangues, habits et exercices j se fournit dediverses armes et munitions ; et s’emploieà diverses expéditions tant pour l’offen-sive cjue défensive. A son exemple, nostremesnager vigoureusement cultivera saterre , ainsi qu’il appartient, se roidissantcontrôles difficultés , et selon que chacunede ses parties requiert labeur etindustrie;qu’il confessera estre convenablement ap-pliquées , puis qu’il est question de lajouissance de tant et de si divers biens queDieu nous donne par l’agriculture , quiest le but de nostre mesnage.
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Ordonnance Nos premiers pères ont ainsi ordonné
antique tou- _
chant u ma- de la terre, que de préférer les herbages à
t*rr*. tout autre sien rapport: pour leur snnpli-cité de vivre, se contentans presque duseul revenu du bestail. Mais les hommesdes siècles d’après, ne s’arrestans à tellesobriété, ont préposé les blés et vins, aubestail, le mettant au troisiesme degré de
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la mesnagerie. Suivant laquelle règle , jetascherai de conduire le père-de-famille au vi*g* en-droit usage de ceslc industrie champestre,commenceant par le labourage des terres ,,r u odtr „.,à grains : qui sera suivi de la cidture des “ l ' ordr^J •
O l présent.
vignes : j>uis de la nourriture du bestail.
Après, toutes-fois, avoir préparé la terreà souffrir tels divers traictemcns, selon sesdistinctes capacités. Pour un préalable con-sidérera nostre mesnager, que bien-queson climat, pour son tempérament, favo-rise toutes sortes de fruicts , c’est néant-moins avec quelque inégalité , procédantede la faculté delà terre: afin de s’arresterlà où plus encline le naturel du fonds.
C’est que si la terre se délecte plus à porter , Ne forcerdu foin, que du blé, son principal viseau foin : si du blé, que du vin , au blé :et ainsi en suite. Par ce moyen en tirera-ilmieux la raison, que la prenant d’autrebiais. Ici est à souhaiter, le plus du do-maine estre employé en herbages , tropn’en pouvant avoir, pour le grand bien dela mesnagerie : d’autant que comme sur unferme fondement, toute l’agriculture s’ap-puie là dessus : aussi void-on que moyen-nant le bestail, tout abonde en un lieu;tant poiu - le denier liquide, qui sans at-tente en sort, que par les fumiers causansabondance de toutes sortes de fruicts. Par-tant s’il peut ordonner de sa terre à vo-lonté, ayant la carte blanche, c’est à dire,un terroir neuf , assés fertil, sans sujec-tion, favorisé du ciel, pour rapporter toutescommodités, convenablement le détailleraet employera-il, si sous ces maximes il as-sujettit ses desseins.
Que les deux tiers du domaine soient nhpaterundonnés à la forest, prairies et pasturages : ««s pou, :.,
t • t t 1 commodité
etlerestantaux autres parties en general, n u e n-selon les distinctes qualités de chacune, et