PREMIER LIEU
ne se ressemblent en fièrement; ainsi en est-il des maisons : lesquelles se diversifient lesunes des autres, autant que diverses en sontles situations, revenus, matières, ouvriersqu’on rencontre, et fantasies des seigneurs ;pour lesquelles raisons ne peut-on s’arres-ter à une seule façon de bastir, comme
Mcau'irn auss j non-nécessaire. Suffira au père-de-
observations. L
f amille d’observer le mieux qu’il pourra lesgénérales règles de l’art, selon les adressesde ces poincts généraux: que s’il est en paysfroid, ses principales veues et ouverturesregarderont le midi : si en chaud, le septen-trion : si en tempéré, le levant ou cou-chant (21 ); afin que le logis soit exempt desinjures du pays, provenans des froidures,chaleurs et vents: à tout le moins telles in-tempéries soient en ce faisant adoucies etmodérées. Ainsi se rendra belle sa mai-son, et aprochante de ce qu’il y désire. Etd’autant qu’on ne peut jamais aller tantjustement, qu’en laissant le milieu on nechée en quelque extrémité : il vaut mieuxquenostremesnagertumbedece costé, defaire sa maison un peu trop grande, quetrop petite: parce qu’avec la bénédiction deDieu sa famille s’accroist de jour à autre, eten bien mesnageant, la quantité des fruictsde sa terre s’augmente: la faire trop forte,que trop foible, pour résister aux incur-sions des ennemis du repos publiq : d’enfaire les murailles trop espesses, que tropminces; pour pouvoir tenir ferme contre lesvents, pluies, neiges, chaleurs et autresviolences des temps, qui offensent les édi-fices: jfius toutes-fois ceux delà campagne,que des villes; par estre ceux-ci accom-pagnés ; et ceux-là par leur solitude, fautque d’eux-mesmes subsistent contre tellesinjures.
jrrerriant Estant donc question de mesnage, il lui
faut nécessairement assujettir l’édifice, et * w "
’ ' droit.t usage.
l’approprier à ce à quoi il est destiné, sui-vant la commune observation de toutessortes depersonnes, qualitéset eslats. Lesbestes mesme nous enseignent à nous lo-ger. Chacune selon son espèce, disposesa retraite et petit logis avec admiration ,et n’avient jamais qu’elles se déçoivent enleurs desseins, proportionnans leurs bas-timens à leur usage. Entre un milion debestes, représentons-nous la seule abeille,laquelle nous apprendra de quoi, quand,et comment nous bastirons. Nous trouve-rons que ce doit estre du nostre, au besoin,et avec artifice et diligence. Et bien qu’èsbastimens y coure grande despense, si nousen faut-il avoir pour tant pour nostre us âge,ne nous en pouvant nullement passer,quelque cherté qu’il y ait; dont commedu blé estant à prix excessif, nous nouspourvoirons, seulement pour la nécessité.
Ainsi n’entreprenans rien outre nos forces,et plus que de besoin, nous tascherons, ennostre bastiment, d’espargner tant qu’ilsera possible, sans nous enfoncer en l’a-by sine de la richesse de la taille, pierre oubois, laissanstels superbes ornemens auxgrands seigneurs.
Mais quelque petit quel’entreprenions, a,,,,-.pour éviter la despense, si ne peut-il estre p°" t d . u ™ hque grand, pour le rendre capable de nostre ^intention : car devant que quartier soitdonné à gens, à bestes, et à fruicts, c’estmerveille du grand espace qu’il convientavoir. Aussi est-ce un pourtraict d’une ré-publique, quela seule maison de mesnagebien disposée ; où en petit volume , etcomme par - un modelle, toutes les partiesd’une ville se voyent. Autrement elle de-meureroit manque et imparfaicte , et neseroit estimé homme d’entendement, ce-