DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
lui qui ayant à commencer une maison enraze campagne, sans snjectionne servitudeaucune (comme avient ordinairement èsvilles), pouvant jetter ses fondemens, fairesesveues, et escouler ses immondices à vo-lonté, disposeroit sa maison mal-à-proposdès le commencement. Mesme je dis, queles bastimens mal projettes, sont commu-nément de plus grande despense en leurfabrique que les autres : d’autant qu’il con-vient souventes - fois , refaire plusieurschoses aux édifices , par faute de bonneordonnance.
paru,u- Or serés-vous bien logé, si suivant leswwj.™"*" précédentes règles de la situation, et lesgénérales de l’architecture , touchant laproportion, vostre maison a belle et plai-sante entrée : porche : basse-court : l’eauau milieu, par fontaine, puits, ou cisterne:galeries couvertes à arceaux : celier pourles cuves, tinnes et pressoirs : grand lieu àtenir lebois de chauffage: autres, distinctset se joignans ensemble, à serrer huiles,fourmages, cuirs, et semblables provisionsde réserve, requérans telle basse situation :deux ou trois caves pour les vins , dont lafacile descente invite le père et lamère-de-famille de les aller souvent visiter, commeen se promenans, pour le bien de leur mes-nage. Aisée montée aux estages du logis,par escalier-à-repos, vis, ou autrement :cuisine , accompagnée de tous ses offices ;assavoir, charnier , boulengerie, fournil,serre-pain,serre-linge,buanderie, serre-vaisselle , garde-manger, laicterie à faireles fourmages, et autres lieuxpour les tenir:une ou deux salles : sept ou huict chambrespour toutes saisons , pour vous, vos en-fans, petits et grands, nourrisses, cham-brières , maistres d’eschole, amis surve-nans de diverses qualités;chacune chambre
accommodée de garde-robes , privez , etcabinets , pour aucuns desquels servir àgardertiltres, papiers, linges, et meublesde réserve. Si ès galletas, du costé de sep-tentrion sont dressés des privez communspour les serviteurs, et d’autres pour les ser-vantes , avec leurs montées séparées, pourl’honnesteté. Si aufesteet sous les couver-tures du logis droictement sur la porteprincipale d’icelui, est la chambre des ser-viteurs, grande et spatieuse, pour estrelà comme en sentinelle , ayant l’oreille etl’oeil sur la grand - court et escueries. Siprès de - là sont les greniers à serrer blés,légumes, fruicts des arbres , chanvres,lins et autres matières de garde. Si au plushaut et eslevé endroit du logis, sur la mon-tée ou ailleurs,est bastie une belle terrasse,pour y sécher des fruicts , et s’y récréervoyant l’aer à descouvert (digne commo-dité des maisons assises en lieu bas) àlaquelle estant joincte la mirande , pourl’aisance d’y estendre la buée à couvert entemps pluvieux , lors s’y promenant desyeux et servir à autres usages , ce serapour ne défaillir aucune commodité en lamaison. Laquelle estant ainsi disposée, etcontenant deux estages habitables, l’un surl’autre, pourra monter de six à sept toises,la mesurant depuis le rez-de-chaussée etplan de la basse-court, jusques à l’entable-ment et sous les couvertures : sans y com-prendre les caves estans sous terre, le lieule requérant, ne les tours, terrasses et mi-randes excédansle logis ; qui sera en-de-hors entièrement flanqué f>ar tours rondesou quarrées ou autres recoins et avance-mens, comme viendra le mieux à propos,afin d’estre tant plus fort : et pour mesmecause sera environné d’un large et pro-fond fossé rempli d’eau, ou la maison as-
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