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PREMIER LIEU
ce sont aussi les charmes , dont se sertle bon mesnager j pour abondammentfaire produire ses terres : que c’est laparesse du fainéant qui donne lustre àla diligence de son voisin , homme sou-cieux , et qui met en évidence les li-mites de leurs héritages : à la honte etconfusion du paresseux , qui par re-mises et longueurs , ne treuve jamaisloisir de mettre la main à l’œuvre : dontlui avient l’efïect de ses menaces ,
Qui le temps par trop attendra :
A la fin le temps lui faudra :
pour à la longue, escoulées les bonnes sai-sons , tumber en extrême ruine, et serendre lui et les siens du tout misérables :quand pour vivre , aura dissipé son héri-tage (tant chèrement assemblé par sesprédécesseurs ) le mangeant une pièceaprès l’autre.
Lui-mesme Tels et semblables discours seront lesdevis ordinaires du sage et prudent pere-de-Iamille avec ses gens : d’où lui-mesmeprendra instruction, pour estrele premierà suivre la vertueuse diligence. De labouche duquel ne sortira jamais aucuneparole blasphématoire, lascive , sotte, nemesdisante; afin qu’il soit miroir de toutemodestie. Et à l’exemple de Caton , sepatronant à AIanius Curius , réformerasa maison , réordonnant les choses des-traquées, chassant tous vagabons, bouf-fons , et autresgens-de-néant, àcequ’au-cun inutile, ne de mauvaise vie, n’y mangele pain. Apprendra aussi à mesurer letemps, l’une des principales sciences dela conduite des affaires du monde, pourde rang et en saison expédier ses ouvrages,dont sera prévenue etévitéela confusion,ruine de tout négoce.
Fera bien nourrir ses domestiques et
manœuvres, selon leur estât, qu’il conti- la nourriture
• , y . i/c if! gtfni.
nuera tous-jours d un train*, ou ce seraquand à la maison se fera quelque ex-traordinaire honneste, ils participent à labonne chère. Pourvoira que leurs vivres,quoi-que grossiers, soyent bons et francs,et distribués par bon ordre, à ce qu’au-cune partie ne s’en dissipe. Souffrira à sesgens de prendre leurs repas, à repos, sansles destourner que le moins qu’il pourra,et seulement pour affaires d’importance.
Ne prendra en coustume de les regardermanger, comme semblant vouloir compterleurs morceaux, ains avec quelque libertéles laissera dans la cuisine à telles heures,pour se deslasser de leurs labeurs , sechauffans et gaudissans ensemble. Et afinqu’en telle licence n’y ait de l’excès, lepère-de-famille les tiendra en office et su-jection, les gardant de crier et folâtrerde son anti - cuisine, où il sera souventmesrae à l’heure de ses repas, y faisantson ordinaire : et de là se prendra garde,après honneste réfection , de les faire re-tourner à leur besongne. Disneront de- h >""vant le jour au temps des plus longuesnuicts, quatre mois continuels, despuis lami-Octobre jusqu’à la mi-Février : afinque dès l’aube du jour, chacun se range àsabesongne, estant la matinée l’avance-ment de toute œuvre. Et par ce moyengaignant autant de temps , sera aussi es-pargnée la peine de revenir disner à lamaison, ou de leur porter les vivres de-hors ; en quoi a tous-jours de l’intérest.
Après leur souper, ceuxquiauront chargedes bestes , s’en iront les panser , et sou- fc ">“/>«■ventes-fois le père-de-famille en se prome-nant , descendra aux estables , pour s’enprendre garde : tenant l’œil que le bestailsoit traicté ainsi qu’il appartient, tous-
Pourvoira à