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Tome I.
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.PREMIER LIEU

varice, sans avoir esgard à leurs pro-messes , ne payent leurs mercenaires, quele plus tard quils peuvent, jamais ainsiquils doivent, et quelques-foistaschent deles contenter de bastonnades au lieu dar-gent ; ou par autre mauvaise invention, àleur faire perdre leur salaire, sans avoiresgard à ces sacrées défenses , ne soispoint en ta maison comme un lion , mo-lestant tes serviteurs en tes fantasies ,et oppressant tes sujets. En quoi telsmaistres se trompent, contrarians direc-îement au devoir de charité, diionnes-teté , de société. Car puis quenvers Dieu ny a acception de personnes, estans tousenfans dun mesnie père , ce nest pas lestraicter en frères, quuser de ces violences.Et sil estoit non seulement défendu à lan-cien peuple de Dieu , de se servir de sesesclaves avec trop de sévérité, ains com-mandé daffranchir celui qui auroit bienservi : à plus forte raison à présent, queles serviteurs sont de franche et libre con-dition , et par ainsi volontaires, quoi-quemercenaires, toute excessive et rigoureusesévérité devroit estre bannie de lenten-dement du mesnager, comme chose con-trariant au bon service ; parce que la vraieobéissance 11e procède que damitié.

Or dautant que le mercenaire prometvous servir, moyennant salaire convenu,icelui défaillant, défaudra, avec raison ,le service. Et ne se trompe en cest endroitqui ne voudra : car outre, que cest grandefolie de cuider senrichir par tels desho-nestes moyens , et avec gens de telle es-toffe , ce nest lefaict dun sage homme ,de vouloir faire ses affaires sans récom-pense. Dont justement sont moqués ceuxqui volontairement ne font la raison àchacun , mesme à ceux desquels on aura

opportunément tiré la sueur et la peine.]N 'estant esmerveillable den voir aller lesaffaires de travers , par fréquents larcinsde temps , de denrées, et autres chosesque les serviteurs mal-payés font à laruincde la maison.

Aussi ne la longueur du temps , ne lechangement de servitude en liberté, nontpeu du tout es teindre lantique rébellionet désobéissance des gens de service, quau-jourdhui nen reste beaucoup à nos mer-cenaires, sans vouloir recognoistre la grâceque Dieu leurfaict, destre naiz libres, etque la pauvreté ne leur oste pas la fran-chise , laquelle ils ont commune avec lesplus riches. Aucun nentre en nostre ser-vice , quavec humilité et bonnes parolesdobéissance, et de diligence : mais peupar-après se treuvent tenir compte de leurspromesses , ne se ressouvenans tant deleurs conventions , que de faire bonnechère, et du terme de toucher argent. Les-quels finablement par paresse , se ren-draient destructeurs et déserteurs de lamaison, sans bonne solicitation à leur de-voir, quon est contraint duser enverseux , avec beaucoup de souci et peine. Enquoi les armes civiles ( plusieurs de telcalibre ont esté employés) les ont rendustant plus insolents et arrogans, que par lalongueur des guerres, ont eu plus de loisirde shabituer en tous vices et désordres ,et à moins se soucier de leur honneur : aupréjudice du publie] , mesme de lagricul-ture , ausacro-sainct exercice de laquelle,autres gens cpie purs et inondes , ne de-vraient estre employés , à limitation denos premiers pères. Et lors la terre se dé-lecterait à nous produire .abondammentses biens , quand elle se verrait maniéepar personnes innocentes et diligentes.

Autre males serviteurs }causés tantpar leurmauvais na-turel }

Que par lesguerres ci-viles ,