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P R E M I E R LIE ü
mati, nt sc par chacun mois de l’année , me semble
yeut. j x y i
n estre a propos : et m excuseront les au-theurs de rustication , si en cela je ne lesimite , pour les diverses facultés des cli-mats, et des saisonshastives et tardives,causons le mesmeàlamaturité des Iruicts:but de nostre agriculture. En France et pro-vinces voisines, la couppe des blés est enAoust:en Provence , Languedoc et voisi-nage, en Juin et Juillet, voire en Mai pouraucuns blés. Ce n’est seulement de climatà autre , où telles différences se voyent,ains d’borizon à horizon, ne s’entr’accor-dans pas mesme en toutes choses , deuxterroirs contigus. Et comment avec tellesdifficultés seroit-il possible de prescriresans confusion , les droictes saisons demettre la main à l’oeuvre? D’ailleurs ,peut-on aller tant justement aux chosesdumesnage, qu’un mois ne marche surl’autre ? C’est à dire, que ce qui n’aura peuestre achevé en Février, ne se parface enMars ? Il n’y a mesnager qui n’ait expéri-menté une pluie, une sécheresse , unefroidure, une chaleur, un vent, une ma-ladie, un procès, un voyage ou autre sem-blable évènement, lui avoir faict changerses desseins, de sorte que ce qu’il délibé-roit faire en Octobre, ne l’ait renvoyé enNovembre. Et comme il avient que lecharpentier se treuve esbahi, quand sonbois se fend au rebours de son intention,dont tontes-fois ne laisse d’en faire de bonouvrage : ainsi nostre père - de - familletreuve bien souvent, avec utilité , la finnerespondre au commencement de ses en-treprinses. Chacun sçait la générale or-donnance de Dieu sur l’ordre qu’il a esta-bli en nature. Il a commandé à la terre derecevoir les semences en ces trois saisonsde l’année, automne, hyver, et printemps,
et de les rendre avec usure, en l’esté. L’au-tomne rapporte les raisins, dont les vignesauront esté cultivées ès autres saisons.
Ainsi des prairies : ainsi des jardinages :ainsi de la cueilletcdes fruicts des arbres:de la nourriture du bestail, et autreschoses de mesnage , lesquelles n’est be-soin marquer tant finement.
Donques le bon mesnager sans s’amu- Le i 0 „ mfS .ser d’attendre par trop les lunes , les 'Z-signes, les mois, ne les jours, expédiera cash«.ses affaires lorsque par bon tempéramentle ciel et la terre s’accorderont par-en-semble j prenant par les cheveux l’occa-sion venant des bonnes saisons , qui n’es-tans de longue durée, ne vous donnenttous-jours loisir de parachever àl’aisevosaffaires : à ceste lin se munissant de dili-gence
duquel l’homme se puisse servir en toutesactions. Si d’aventure lepoinct de la lunes’accorde au temps, selon vos expériences,tant mieux j ce que toutesdois ne tiendrésque pour accessoire. Et ne soyés si mal-avisé de prendre occasion de délayer vosouvrages,sur ceque quelcjues-fois les avan-cés trompent : car il est bien encores plusrare d’avoir bonne cueillète des reculés 5mesme des tardives semences , tant re-jettées des bons mesnagers, qu’ils tiennentles blés en provenans, quoi-qu’en abon-dance , devoir estre bruslés : de peur quel’exemple de leur fertilité ne nous rendeparesseux avec perte et honte.
comme du plus secourable outil
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