DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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Difficile-ment s 'affa-ment cetcAoses,
semble, gouvernées curieusement en bonmesnager: autrement elles ne seroient delongue durée , estant la vigne , la partiedu domaine moins propre à souffrir la né-gligence du laboureur. Les arbres fruic-tiers et jardinages , symbolisans avec lavigne, demandent aussi exquis traicte-ment, lequel leur déniant, leur revenuet beauté seront tost diminués. Touchantaux prairies , rien n’y a-il de plus affer-mable qu’elles , pour le peu de soin quileur est requis : tant-y-a, que si abusansde leur facilité, on les voulait du toutabandonner à la négligence , en fin ellesreviendroient à néant. Pour lesquellesruines prévenir , le père-de-famille ap-posera en ses contracts , tant de pactes etconditions, qu’elles suffisent à retenir l’a-varice et la paresse de ses métayers.
Touchant aux bois, pasturages, et gou-vernement du bestail, ils s’afferment entant de façons et si différentes, pour la di-versité des espèces, et pays, qu’il est impos-sible de représenter justement le moyenqu’on a à se conduire en cest endroit,et pouvoir discerner quelles façons sontplus j>rofîtables ou moins nuisibles. Nonplus des estangs , garennes , colombiers ,et autres gentillesses du mesnage. Ce seraau prudent père - de - famille de penserdeux fois , à les commettre à la miséri-corde des fermiers , de peur d’en voir bientost la fin. Aussi se résoudra-il, qu’à me-sure qu’il se veut esloigner de souci, ilapproche son bien de ruine : comme parles précédens discours cela est clairementreprésenté. Or puis qu’à tirer la raison dela terre, y va de la fascherie , pour la né-gligence, pour l’ignorance, pour la fraude,pour la despense, et autres incommoditésqu’on y treuve en la faisant cultiver , soitThéâtre d’Agriculture , Tome /.
par serviteurs domestiques , soit par fer-miers , le meilleur sera de ne vous atta-cher du tout à une seule faconde mesnage.Ains changeant quelques-fois , tiendrésvostre domaine certain temps à vostremain, et en suite l’affermerés pour quel-que petit nombre d’années , non trop lon-guement. Par ces changemens, en vousdeslassant, passerés les difficultés du mes-nage 5 et de temps à autre, prendrés nou-veau avis , selon les occurrences : par cemoyen, conservant tous-jours vostre liber-té. Cela s’entend pour les biens qu’on peutcommodément tenir à sa main, non pourles autres, lesquels la difficulté du mani-mentrend pour jamais affermables (33).
Comme nous avons distingué les di-verses sortes de fermes , aussi est-il be-soin d’en distinguer les fermiers : ce queferons sous ces deux noms , fermier etmétayer, pour ne nous confondre. Le fer-mier est celui qui jn - end le bien à certainprix, duquel il se charge à ses périls etfortunes, ainsi qu’on le voidpratiqué auxdes princes, des grands
Le fermier ,
fermes du roi,
seigneurs , des communautés, des
pu-
pilles et autres. Le métayer ne se hazardetant avant, ains seulement s’oblige decultiver le bien à la portion , selon lespactes convenus. Il est ainsi appellé enFrance , de métairie : et en Dauphiné ,granger , de grange ; l’un et l’autre édi-fice audit pays , signifiant une inesmechose , bien-qu’en France , la grange nesoitque partie de la métairie. Et d’autantque , et le fermier et le métayer, sont del’art de la terre, de mesme qualifiés lesrecerclierons - nous. Sur telle électiondonques , curieusement avisera nostrepère-de-famille : et par semblable adresse,se choisira et l’un et l’autre, leurs charges
H
Le meiayer.