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Tome I.
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P R E M I E Pt LIE U

faict tout le mesnaae des blés à ses des-pens , cest à dire, quil laboure et ense-mence les terres , quil sarcle les blés ,les moissonne , quil en charrie les gerbesdans la grange ou en laire , selon le cli-mat , les y entasse , les batte ou foulejusques à en rendre le grain net : lui es-tant par le seigneur fournie la moitié dubestail et outils du labourage , la moitiédes semences, toutes les pailles laisséesavec quelques journées de pré et autrespasquis, sans desbourcer argent, pour sonbestail de labour, la moitié des fruicts desarbres; ne paye le métayer, que la moitiédes tailles , censes et autres ordinairescharges y eschéans. Jestime la conditionraisonnable, si en la cueillète , les gerbesou les grains sont partagés par moitiéentre le seigneur et le métayer, ny ayanten icelle aucun ou bien-petit Lazard pourdes parties.

Mais faire à la mode de plusieurs duLanguedoc , du Dauphiné, et de la Pro-vence , est rendre plus chère que de rai-son , la façon du labourage et conduitedes blés. Outre tout le bestail et instru-mens de labour, et la moitié des semencesquils baillent au métayer, lui aident à se-mer , sarcler, moissonner, saccordans àcertaine somme dargent pour la valeur deces choses: payent les gages dun hommequi sème tous les grains ( servant au sei-gneur de contrerolleur), donnent de lar-gent ou du blé pour sarcler et moisson-ner , contiibuent du sel, pour les bestes delabour (82) ; du fer, jiour les socs. Après,un tiers vient avec des chevaux, mulles oujumens , fouler les blés en laire ; des-quels , pour ses peines , il tire la ving-tiesme partie, ou autre telle quils ac-cordent, outre la grande despense que ces

bestes- font en laire. Finalement, lereste est partagé par moitié, entre le sei-gneur et le métayer, qui du surplus pourla nourriture du bestail de labour, retienttoutes les pailles ; et sans payer aussi,jouit des herbages prochains. Particuliè-rementen certains endroits du Dauphiné,mesnagent encores plus au détriment duseigneur, dautant que le granger ou mé-tayer, venue que soit la moisson, baille àcoupper et battre les blés à un prix-fa-chier , qui pour son salaire comprins sesdespens , prend sur le monceau du blé ,la septiesme ou huictiesme partie, ou autretelle portion convenue par-ensemble. Etledemeurant, est, comme dessus, partagépar moitié entre le seigneur et le métayer:duquel, par ces deux façons de mesnage,appert la condition estre meilleure en cestendroit, que celle de son maistre : en tantque pour le seul labourer, et charrier lesgerbes en laire, il tire la moitié franche ,de tous les grains qui en proviennent. Sa-laire excédant les limites de bon mesnage.

Quant aux vignes , qui 11e les affermeà largent, la chose est assés raisonnablede les bailler à moitié : mais cest à lacharge , que le seigneur se prenne biengarde quelles 11e soyent taillées trop lon-guement , pour la tromperie quen cestendroit, font les vignerons : lesquels , afindavoir du vin en abondance, laissent auxvignes par trop de bois, dont elles suc-combent en peu de temps. Aussi pour-voirra quelles soyent marrées autant defois et si bien quil appartient , autrementne seroient de longue durée , pour bienquelles fussent taillées. Que les vignesperchées et appuyées soyent fournies debois, selon le besoin , liées et ployées parart. Les maigres, fumées; et toutes en-semble ,

Commentaffermer Usvignes.