DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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NOTES DU PREMIER LIEU.
S 0 M M A I R E.
?«•<> , (1) Le sujet de ce premier Lieu est très-exac-»• tement le même que celui du Livre premier dela Maison Rustique , ou du Pradium rusticum ,par le père Manière ( Quomodo fundum emi acrepararioporteat. Quelles précautions l’on doitprendre dans l’achat d’une terre , et pour sonamélioration). Vanière , né près de Béziers ,par conséquent compatriote du célèbre Olivierde Serres , florissoit vers la fin du règne deLouis XIV . Ce jésuite a développé , en très-beaux vers latins , toute l’économie rurale quel’autre avoit traitée en prose, sous le règne deHenri IV . Nous pourrons indiquer quelquesautres rajiprochemens entre ces deux auteurs.Rosset, qui a donné des Géorgiques moins heu-reuses et pourtant estimables, sous le règne deLouis XV , étoit aussi du Languedoc . C’est unechose remarquable que la succession de ces écri-vains agronomes dans la même contrée. Rossetcommence sonpoëme parces vers, qui paraissentempruntés presque mot à mot du texte à'Olivierde Serres ;
Voulez-vous assurer des moissons abondantes ?
Connoissez la vertu des terres différentes.
Chacune a son génie : ici le blé mûrit,
.Et la vigne prospère où le froment périt.
Agriculture, ChantI.
Il est vrai que Virgile avoit dit avant l’un etl’autre :
Toutesfois dans le sein d’une terre inconnue ,
Ne vas pas vainement enfoncer la charrue.
Géorg. L. I. trad. par Delille.
( F. D. N. )
CHAPITRE PREMIER.
4, (2) Si la connoissance des terres doit être,
“t"”4 1 ’ comme dit l’auteur, le fondement de l’agricul-ture , la nôtre pêche par sa base. Malgré le pro-
grès des sciences , nous ne sommes guères plusavancés sur ce point que du temps d ' Olivier deSerres . On s’en est pourtant occupé à diversesreprises. En 1730, Réaumur lut àl’Académie dessciences , un mémoire où il promettoit des ex-périences sur la nature des terres. Il faisoit sentirl’utilité de leur classement pour l’histoire na-turelle , la physique et les arts. Buffon traçoitaussi ( tome I , second discours ) la manièredont il désirait que les terres fussent décrites.L’auteur du Spectacle de la nature formoit dessouhaits ardens pour qu’une société de gens delettres s’établit dans la vue de s’occuper spécia-lement du discernement des terres (tome VII) ;mais Pluche et Réaumur , 11e considéraient lesterres que relativement à l’architecture. Plu-sieurs Académies voulurent que cette matière futtraitée expressément pour l’économie rurale .L’expérience indique assez que la terre la plusfertile est celle qui est grasse et meuble. Maisqu’est-ce qui compose ce pingne et putre so-lum? En 1749 j I e célèbre Eller lut à l’Acadé-mie de Berlin , des recherches sur ce sujet in-téressant. Il pensoit que toute terre fertile estun mélange de trois terres différentes, de sable,d’argile , et de terre adoptive , ou terre pro-duite par les débris des végétaux putréfiés etfermentés. En 1761 , l’Académie de Metz avoitproposé cette question : quel est le vrai principede la fécondité de la terre ? M. Froger, curé deMayet, remporta le prix. Il établit, dans sondiscours , que le vrai principe de la fécondité dela terre , c’est le concours libre et proportionnédes élémens , la terre , l’eau , l’air et le feu.Cette physique est claire et à la portée de tout lemonde. Dans ses élémens d’agriculture , cou-ronnés à Berne en 1774 1 M- Bertrand dit qu’ilentre dans toutes les terres de l’eau , de l’ar-gile , du sable , des plantes consumées , dessels , des particules minérales. Les doses plus oumoins exactes de toutes les parties qui formentce mélange , constituent la fertilité ou la stéri-
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