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Tome I.
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DU THEATRE DAGRICULTURE.

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1668) , jusquà la piasigraphie du C. de Mai-mieux ( à Paris , an VI ) ; mais du moins , enEurope , lusage du latin et sur-tout la languefrancoise tiennent lieu , à un certain point ,dun idiôme universel. Quant aux poids et me-sures , deux hommes extraordinaires , César etCharlemagne , ont eula volonté de ramener leursdifférences à un terme commun. Dansuncapitu-laire de 789 , Charlemagne ordonnoit que tousse servissent loyalement de mesures semblableset de poids justes et égaux ( œquales mensuraset rectas, pondéra justa et œqualia omnes ha-beant). En 8 i 3 et 814 > dautres capitulairesveulent que les poids et mesures soient par-toutjustes et égaux (pondéra et mensurœ ubiqnesint œqualia et justa ). Mais sous le règne féo-dal , la F rance fut mise en lambeaux , et chaquesubdivision eut ses mesures différentes. Plusieurssavans du dernier siècle , frappés des inconvé-niens de cette bigarrure, avoient cherché dansla nature une mesure universelle. En 1735,Mairan proposa dadopter la grandeur du pen-dule simple qui bat les secondes sous la latitudede Paris , et qui est, selon lui , de trois piedshuit lignes cinquante-sept centièmes. Ce vœu dela science effraya tous les partisans de la diver-sité des poids et mesures 5 ils se réunirent, pourlui opposer des raisons plus ou moins spécieuses.En 1747) La Condamine présenta fidèlementces prétextes , et les réfuta dune manière invin-cible (Mémoires de lAcadémie des Sciences,année 1747)- Quand on institua les Adminis-trations provinciales , presque toutes sexpli-quèrent ouvertement sur la nécessité de remé-dier à leffrayante variété des poids et mesures.LAssemblée provinciale du Hainaut entendit,en 1788, un très-bon rapport sur le cadastre.Dès le premier examen quon voulut faire decette question si importante , on fut arrêté parune difficulté ; cest que dans cette province ,composée de trois cent treize communes , il yavoit deux cent soixante-treize manières diffé-rentes de mesurer les terres. LAssemblée pro-vinciale de la Haute-Guyenne, comptoit soixanteespèces de sétérées dans les villes et les princi-paux bourgs. Elle prenoit le parti de réduire lespoids et mesures locales aux poids et mesures deParis . Dès 1787, lAssemblée provinciale de

Théâtre dAgriculture 3 Tome I,

Rouen , animée de Pesprit du célèbre et mal-heureux Thouret , rédacteur de son procès-ver-bal , regardoit aussi lunité des poids et mesurescomme un des établissemens les plus utiles pourlagriculture et le commerce. Elle demandoit,en conséquence , ladmission , dans toute la gé-néralité de Rouen , des poids et mesures deParis ; mais les mesures de Paris elles-mêmes ,nétoient rien moins que constantes. Leur véri-fication , à différentes époques , avoit donné desrésultats contradictoires. La Condamine nousapprend que, suivant le plan du vieux Louvre ,louverture du pavillon sur la rue Froid-manteaudevoit avoir précisément douze pieds de lar-geur. Lorsque lon voulut réformer létalon dela toise , on prit la moitié juste de cette portedu vieux Louvre ; mais la nouvelle toise, fixéedaprès cette donnée , se trouva de cinq lignesplus courte cpie lancienne ( A lémoires de lA-cadémie des Sciences, année 1772). On croitmême que la toise du temps dHenri II ,étoit plus longue que celle de Louis XIV , desix lignes et demie. 11 seroit impossible de rap-peler , dans une note , les procès , les divisionset les ruines des familles , qui ont été les fruitsde cette inconcevable incertitude des poids et desmesures dansun même pays, soumis aux mêmeslois. Enfin , lAssemblée nationale constituante a consulté à ce sujet lAcadémie des Sciences.Ainsi cest parmi-nous, que la puissance et lascience ont senti le besoin de sallier ensembleet dagir de concert. On a eu une grande idée.Lunité fondamentale , prise dans la mesuremême de la terre , a été ainsi rapportée à un éta-lon , hors de latteinte des hommes et des élé-mens. Pour connoitrela circonférence delà terre,on a mesuré larc du cercle , compris entre Bar-celone et Dunkerque , et lon a pris pour unitéla dixmillionième partie du quart du méridien ,ou trois pieds onze lignes , deux cent quatre-vingt-seize millièmes deligne. Cest ce quon ap-pelle le mètre, auquel correspondent toutes lesautres mesures de capacité , de superficie , etc.Cette heureuse uniformité de nos poids et me-sures, vainement repoussée par une routine igno-rante ou de vils intérêts , est sur-tout très-utilepour les agriculteurs. Avant cette réforme , onne pouvoit sentendre , je ne dis pas dune pro-

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