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PREMIER LIEU
Interimes ; juncos vinces etgramen aratro :
Sed lapides manibus remove . .
O ! tibi torpentes si desiccare paludes./■'ata dorent, cœloque novas ostendere terras !Semina restituet quanta proh ! fœnore campusEt limo satur, et longo requiçtus ab CEvo.
En Bliteram propter quàm pinguia findit aratorAEquora vomeribus, quce navibus antè secabat.
Nam que sud totum quondam gens Romula mundumSub ditione tenens, etc. (Vanier. Prætl. rust. L. I. )
Ce ne sont p>as les seuls Romains qui ontdonné enFrance l’exemple fructueux de ces des-séchemens. Nous avons vu de grands ouvragesachevés en ce genre par de simpdes particuliers.M. Mouron a desséché , aux portes de Calais ,un marais très-considérable. D’autres ont con-quis sur la mer des terreins précieux. Dans leci-devant Dauphiné , des canaux d’arrosage onttriplé le produit des terres de plusieurs cantons.Mais combien ne reste-t-il pas en France d’é-tangs à dessécher , de marais à combler , delandes , de bruyères , de terreins à améliorer ?Quelle vaste carrière et quelle mine fructueusepour les agriculteurs et les capitalistes ! On nesauroit, dans une note , donner à cet égard ,qu’une indication bien vague ; mais on peut as-surer qu’il y a dans la France , un million d’hec-tares à tirer du néant. L’auteur de cette note aproposé de faire des Colonies intérieures , et deconsacrer la première sous le nom du PremierConsul. Il avoit, dès l’an V , fait donner unprojet de loi pour former de nouveaux villages.Notre territoire actuel a besoin qu’on en éta-blisse plus de quatre à cinq mille. Puissent doncles spéculateurs se tourner vers l’agriculture !
(F. D. N.)
Pas* 9 > (,5) Ces considérations , pour l’assurance des
cosorine 11, ' '
39. acquêts , ne sont pas les seules qui doivent êtrebien mûrement pesées avant d’acquérir un do-maine. Il faut s’informer , avant tout , si lesterres sont réunies autour du corps de ferme , ousi elles sont morcelées ; il faut savoir si les clô-tures en sont en bon état : si le reste barbare denos coutumes féodales n’asservit point les terresà ce que l’on appelle les droits ou les usages deparcours , de vaine j'àture , etc. Le Languedoc ,étant pays de droit écrit, n’étoit pas infecté decette rouille des coutumes ; et Olivier do Serres
n’en a pas parlé dans son livre. Mais il est évi-dent que des propriétés grevées de ces terriblesdroits, ne sont pas susceptibles d’un bon sys-tème de culture. La compascuité ou l’état d’in-divis et de communauté des champs et des prai-ries , détruit la possibilité des améliorations.Cependant les trois quarts des terres de la F rancesont dans ce misérable état qui maintient lesjachères , et empêche qu’on n’établisse des prai-ries artificielles , oudesassoleinens mieux com-binés que ceux qu’ont dictés la routine , la pé-nurie ou l’ignorance. Voilà un des plus grandsobstacles à la prospérité de l’agriculture fran-çoise : par-tout où cet obstacle existe , il fautbien se garder d’acheter des propriétés qu’011 nepeut améliorer. On ne peut calculer la perte quien résulte pour l’État, et le Gouvernement aautant d’intérêt que les particuliers à faire cesserces abus. Olivier de Serres exige , avec raison ,que le domaine soit joint en une seule pièce ;mais les biens ainsi arrondis sont extrêmementrares , et nos lois actuelles tendent à les subdi-viser et démembrer à l’infini. C’est ici que l’a-ericulture a besoin d’éclairer la législation.
( F. ü. N. )
CHAPITRE III.
(16) Les mesures, dit Paneton, sont la Pl, g‘ 10règle de l’utile et respectable laboureur. Cette n g , u 26 .règle a été long-temps bien vague. Aussi voit-onrégner dans tout ce chapitre , sur les mesures ,une confusion que le bon Olivier de Serres nepouvoit éviter, et que l’improbité et le charla-tanisme n’ont fait durer que trop long - temps.
Par-tout on s’en est plaint : on n’y a remédiéqu’en France .
On lit, dans les Mémoires de la Société éco-nomique de Berne , pour 1770 , une descrip-tion des poids et desmesuresdelavilledeBerne,où l’on observe , avec justesse, que la différencedes poids et des mesures est aussi incommodedans la société que la diversité des langues. Ace dernier égard , on s’est borné jusqu’à présentà faire des vœux et des livres , ingénieux et inu-tiles , depuis l’ouvrage de TVilkins , évêque deChester, sur la langue philosophique (à Londres ,
1668) ,