DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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>3 larges ravins : alors, leur routine est le plusn souvent en défaut , ils s’égarent et portent at->3 teinte au droit sacré de propriété , etc. 33. Lesystème métrique a tellement simplifié tous lesdétails pratiques de Vagri-mensuration, qu’iln’est pas de propriétaire qui ne puisse , en peud’heures , se mettre au fait lui-même de ce qu’ilfaut savoir, pour n’être pas victime des erreursou de l’ignorance des mesureurs vulgaires. Cetteignorance fut une des causes principales qui fitéchouer le projet du cadastre général qu’on vou-lut établir en 1764. Ildevoitcoùtercentmillions.Il eut fallu cinquante ans pour le faire. Ainsi,avant d’être achevé , il auroit fallu le changer.Le système métrique rendroit cette opérationplus facile et moins longue ; mais ce n’est pasici le lieu de balancer ses avantages avec ses in-convéniens. Seulement nous désirerions que l’oneût trouvé le moyen indiqué à-peu-près parfeu Robert de Hesseln , de faire servir la cartede l’Académie , d’une sorte de terrier général.Ici l’agriculture doit encore invoquer la législa-tion. Entre tous les agri-mensureurs, il n’y en apeut-être q>as deux qui suivent la même mé-thode dans leurs opérations. On ne connoit pasdeux jdans de terres confinantes , dont leséchelles s’accordent, ni un seul arpentage 'quilaisse des traces invariables et faciles à recon-noitre , tant sur le terrein que sur le papier. Ilsemble qu’il seroit aisé d’assujettir au calcul dé-cimal et à une échelle uniforme , toutes les le-vées partielles des biens fonds , des forêts, etc.Ce seroit un très-grand service rendu aux pro-priétaires et à l’Etat même. On peut consulter ,au surplus , la Nouvelle Topographie , ou Des-cription détaillée de la France , divisée par car-rés uniformes, par Robert de Hesseln. Paris ,i 7 83 . ( F.D.N .)
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CHAPITRE IV.
(19) Quelle est la distribution la plus avan-tageuse et l’emploi le plus profitable de tousles fonds de terre ? Cette importante question aété discutée avec un grand détail dans plusieursouvrages anglois , par le célèbre Jlrthur Young.Il examine tour-à-tour les capitaux qu’il fautpour une ferme toute en terres labourables , et
pour une autre en pâturages ; les produits qu’onen tire ; les moyens d’augmenter plus ou moinsces produits ; leur influence relative sur le biendu fermier , sur celui du propriétaire , sur l’a-vantage de l’Etat, etc. Labourages et pâturages,ces objets de comparaison étoient les seuls quelui offroit l’agriculture angloise. Mais malheu-reusement , les données de M. Young et sesévaluations , se rapportent à des mesures j>euintelligibles pour nous. D’ailleurs , le climat dela France admet beaucoup d’autres cultures , etaggrandit , par conséquent, la sphère de l’a-gronomie. Le texte St Olivier de Serres donne-rait lieu ici à de grands développemens qu’on nepeut renfermer dans une simple note. Mais il esttrès-intéressant de voir avec quel art Vanièrea resserré, dans une centaine de vers , ce que l’onpeut dire de mieux sur le sujet de ce chapitredu Théâtre d’Agriculture, qu’il désigne lui-même à la marge de son poëme , par ces deuxmots latins : Distributio fundi, la distributiondu fonds. Excepté le maïs et d’autres objets deculture , qui n’étoient pas encore bien connusalors, Vanière n’a rien oublié. L’on ne sait cequ’on doit admirer le plus dans ses vers , de lasagesse des préceptes, ou de la beauté des détails.Ce tableau, qui n’a pas encore exercé nos poètes,appartient naturellement aux notes d ' Olivier de Serres , et nous nous sommes hasardés d’en don-ner une foible esquisse , non pour lutter avecVanière, qui manioit avec le talent d’un grandmaître, une langue plus poétique, mais pour offrirdu moins à nos lecteurs françois , une idée im-parfaite de cet admirable morceau , qui est l’in-ventaire abrégé des richesses rustiques.
Placez autour de vous le verger , le parterre ;Tenez près de vos yeux tout ce qui peut leur plaire ;Il faut garder vos fruits , il faut soigner vos fleurs ;
Il faut craindre sur-tout de tenter les voleurs.
Aux traits piquans du nord, opposez un bois sombre,Qui, prêtant à l’été la fraîcheur de son ombre ,
Et dérobant l’hiver à la rigueur des vents ,
Vous offre un double abri sous ses dômes mouvans.Le légume demande une humide vallée ;
Sur un coteau plus sec l'olive est étalée.
Dans les champs spacieux flottent les blonds épis.Les prés , au bord des eaux , forment un vent tapis.Enfin, sur la colline , au soleil étendue ,
La vigne a ses appuis doit monter suspendue;
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