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Tome I.
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DU THEATRE D’AGRICULTURE.

crire aucune espèce de culture , cependant lesplantations , d’abord encouragées , devroientenfin être forcées , s’il est vrai que l’économie ,la raison , l’intérêt privé, ne suffisent pas pourporter les particuliers à jdanter et à se procurerdes bois dans la proportion des terres qu’ils cul-tivent. Cette proportion seroit facile à calculer.En Angleterre , toute ferme est environnée declôtures , et son enceinte est décorée par debelles plantations. Une fermede cinq cents acresa dix acres de bois taillis , et quinze de futaies.C’est le vingtième du terrein, destiné à des bois,dans un pays qui ne consomme pourtant que ducharbon de terre. Nous avons des départemensoii cet usage existe. Dans la ci-devant Flandres ,dans le pays de Caux , chaque cultivateur élèveautour de sa maison , et trouve , sur sa ferme ,les arbres dont il a besoin. Ailleurs , je le saistrcqr , tous les champs sont ouverts ; et dans leschamps ouverts , on ne saurait planter. C’est undes grands fléaux de notre économie rurale ;c’est la plaie de l’agriculture. Combien il est àdésirer que le Gouvernement sonde enfin cetteplaie , et qu’il la cicatrise ! On pourrait désirerensuite que l’on imposât le devoir à tout pro-priétaire et à toute commune , d’avoir en boisau moins un hectare sur vingt ( ou telle autreproportion , qui seroit jugée convenable ) ; quela portion de terrein où l’on auroit rempli cetteobligation sacrée , fût exempte d’impôt pendantun temps déterminé ; qu’on doublât , en re-vanche , la contribution de ceux qui auraient né-gligé de remplir leur part forestière ; que cetteloi fût précédée d’une instruction paternelle ;qu’on prit, en même-temps , les moyens d’é-tablir des semis et des pépinières ; qu’il ne fûtpas permis d’abattre et de couper un arbre , sansprouver, avant tout, qu’on en a replanté unautre, etc. Alors, on pourrait espérer que laFrance ne seroit pas exposée aux malheurs dontelle estmenacée, par une disette de bois. Pluchedisoit , en 1740 : C’est une prophétie répanduepar-tout, que la France périra un jour faute debois (Spectacle de la Nature , tome I ). Vol-taire a répété , en 1767 , ce terrible avertisse-ment , qui provoque une loi sévère. En atten-dant qu’on porte et que l’on fasse exécuter cetteloi si urgente, ne cessons pas de répéter à tous

ceux qui veulent bâtir , sur-tout à la campagne,les deux vers du sage Vanière :

On doit ses premiers soins aux vergers , aux forêts ;Plantez , plantez d’abord, vous bâtirez après.

(F. D. N.)

CHAPITRE VI.

(24) Ce chapitre de notre auteur est un chef-d’œuvre de raison et de science économique. = 9 -Ceux qui vivent à la campagne ou qui veulents’y retirer, ne sauraient trop se pénétrer de l’es-prit de ce beau chapitre. Vanière s’en étoitnourri ; il en a conservé et embelli les traits ,dans le livre second de sa Maison rustique, quiroule sur le choix des serviteurs et ouvriers , etsur le ministère de tous ceux qu’on employé pourcultiver les champs. Le tableau des mœurs dufermier, la conduite de la fermiere, et sur-toutl’éducation des garçons et des filles , sont desmorceaux pleins d’intérêt , et dignes d’êtrejoints à celui d 'Olivier de Serres . Nous 11e pou-vons entrer ici dans ces détails touchans , maistrop multipliés. Nous nous bornerons à donnerune idée imparfaite de ce que dit Vanière surl’espèce d’instruction que le jeune enfant descampagnes reçoit de la bouche d’un père , et quiforme pour lui un cours d’agriculture , tracé parla pratique et sur le terrein même. Ce sont desvers élémentaires, et qui mériteraient peut-êtrequ’on les fit apprendre par cœur dans les écolesde campagne.

Le fermier à son fils enseigne la culture ;

Il lui «lit comment l'art, secondant la nature ,

Sur le ciel et le sol règle tous les travaux ;

Pour le régler lui-même , il lui parle en ces mots :

« Il est là haut, mon fils , un arbitre suprême,

Auteur de l’univers et de l’homme lui-même.

Ici bas , un moment, son choix nous a placés ,

Pour cultiver les fruits qu’il nous a dispensés.

Et la terre, et ses dons , et l’eau qui les féconde ,

Et cet astre de feu , l’œil et l’ame du monde,

Tout vient de Dieu , mon fils. Nous no pouvons le voir;

Mais par-tout sa bonté fait sentir son pouvoir;

Mais lui-même, en tout temps, nous voit tels quenous sommes.

En vain l’on se déguise *, on trompe en vain leshommes ;