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Tome I.
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PREMIER LIEU

On ne peut tromper Dieu . La pureté du cœurEst la plus digne offrande à ce grand Bienfaiteur.

C’est par-là, seulement, que L’homme est son image.Dans les jours solemnels porte lui cet hommage.

Au bœuf, qui dans les champs partage tes travaux,Fais aussi des saints jours partager le repos.

Ménage tes voisins ; sois pour eux un modèle -,Prens leurs champs, leurs troupeaux, sous ta gardefidèle,

Si tu veux , qu’en retour de ces égards touchans,

Ils protègent aussi tes troupeaux et tes chants.

Sur leurs moissons jamais ne porte un œil d’envie.

Eh ! pourquoi ce poison corromproit-il ta vie \

Les récoltes d’autrui ne sauroient t’offenser ;

C’est en cultivant mieux qu’il faut le surpasser.Evites les procès : cette guerre civileT’enlève à ta charrue et t’entraîne à la ville,

Où l’étemel débat de leurs droits ambigusRuine également et vainqueurs et vaincus.

Obliges quand tu peux -, mérites que l’on t’aime ;

Ne comptes sur personne autant que sur toi-même ;La terre et le travail sont tes premiers amis ;

Ceux-là tiennent toujours tout ce qu’ils ont promis.Admires les grands biens ’> mais que ta destinéeSoit de tirer parti d’une ferme bornée ;

On n’y perd pas , mon fils. Cent arpens, bien tenus,Valent, pour le bonheur et pour les revenus ,

Mieux que les mille arpens d’une immense domaine ,Déserts, que l’on sillonne et qu’on engraisse à peine.Quand il lui faut lutter contre des champs trop forts,L’art du cultivateur fait d’impuissans efforts.

Cet art est un combat entre l’homme et la terre ;

Qui n’est pas bien armé, 11e fait pas bien la guerre.

Mon fils, sois réservé sur les nouveaux essaisDont le temps n’aura pas garanti le succès.

Mets un ternie à tes vœux. Dieu plaça la sagesseLoin de la pauvreté, comme de la richesse.

Souvent pour la vertu le riche n’est pas né ;

Vers le crime souvent le pauvre est entraîné.L’opulence éblouit*, peut-être elle esta plaindreAutant que l’indigence elle-même est à craindre.Tiens un juste milieu-, ne sois point envié *,

Mais ne sois pas non plus un objet de pitié.

Que ta conduite égale , et juste , et modérée ,Trace dans ta maison une règle assurée.

D’une vaine colère évites les éclats :

Avec la violence on ne gouverne pas :

C’est l’équité qui règne, et la douceur qu’on aime.Vois, dans tes serviteurs , ta famille elle-même,

Il faut, par leur amour, t’assurer de leur foi.

Tu seras content d’eux , s’ils sont contens de toi :

L’aiguillon le plus vif est le désir de plaire.

Ne les fraudes jamais de leur juste salaire.

Sains, fais les travailler *, malades , prends soin d’eux.Sois honnête homme enfin , si tu veux êtreheureuxjA la seule vertu sois sûr que tout prospère ».

Dans les champs, à son fils , ainsi parle un bon père,Qui de tout ce qu’il sait aime k lui faire part,

Et de loin l’initie aux secrets de son art.

On ne peut, sans étude et sans expérience,

Du ménage des champs acquérir la science :

D’autres , par leurs erreurs, y sont trop tard instruits*,Mais des leçons d’un père un fils cueille les fruits.

Le vieillard abdiquant l’empire de la ferme,

Guide son successeur , qui, d’une main plus ferme,Tient le sceptre rustique et plie aux mêmes loix ,

Les champs accoutumés d’obéir à sa voix.

Par sa fertilité, la moisson fait connoitreQue le sol ne croit pas avoir changé de maître.

llUSTICANORL'31 PITERORUM EdUCÀTIO.

Rusticus agrestes puer inforrnatur ad usus :

Interea > variâ pro tempestate soliqueJngenio > proprias natum pater edocet artes /

Multa monens , pluviœ imprimis frugumque datovemUt precibus votisque Deumveneretur; etarisAfferat occulta puram sine crimine mentent ;Jmperitet terris , sed pareat usque potentiTerraruni domino, tempestatesque serenasOrety et adversas contra preemuniat agros :

Resta piè celebret ; quod lex vetat , o/nne dolosâCessât opus sine fraude demi rurique ; laborumIpse quoque immunis bos prata per herbida festusAmbulet y et posito vires confirma aratro.

Uicinos amet agricolas , et ne quid ecrumIn pecora et segetes committat ; ut arva vicissimIllius et pecudes servent y furesque repellant.

Invideat nulli ; sed quas miratur opimasAlterius segetes tentet superare colendo.

Ambiguas vitet lites , quee civica bellaRïctori victoque parent dant sœpe ruinant .

Officiis quantum poterit bonus adjuvet omnes ;

Sed sibi nec multos neque nullos queerat amicos.

JS T on in amicitiis quantum in tellure reportât:

Hanc colat imprimis ; hinc spes certissima : vastosLaudet agros y amet exiguum. Fœcundior , inquit yEst brevitas cultiruris, quàm millia fundiJugera , quee rerum pauper nec vomere posstsAssiduo versare ,fimo nec spargerepingui :Pugnatenim , sterilesquecitans cùmprcsvalet herbas ,Allidit dominum teüus ; nisi rustica cogantAnna reluctantem vigiliparère colonç.

parce