Page4 lcolonne Iligne 4 .
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
o
7 °
Parceperegrinos cultus tentare, novasqueFxplorare vias : imitare quod approbat usus,
Pone modum votis ; nec opum te dira cupidoPauperiesve doment: obstat virtutibus auriSacra famés, scelerique animas inclinât egestas ;Atque ubi res est arcta , suis velpauper amicis,
Vel sibi paupertas oneri est : hanc inter opesqueSic medium insistes iter, ut necpagus habentiInvideat, neque te rursum miserescat egentem.
Servitia exemplis moderare ; magisque silentemTe famuli metuant, rabidd quàm voce tonantem ;Crudelemque domus non detestata , severumFormidet dominum, sed omet magis cequa jubentem.
A famulis ut amere, tuo quasi sanguine natosDilige, nec dulci frauda mercede : fidelesUt fadas confide : manus ad furta rapacesCautior invitât custos. Herus omnia norit,Multaque dissimulet ; sanos exerceat, œgrosSollicité foveat servos : placet omnibus, uniQuidquid opis dalur invalida ; stimulusque laborisOptimus est amor in dominos studiumque placendi.
Sic puerum instituitpater ; et vergentibus annisIn senium, valeat quanquam, necsegnis inersqueMens sit ad imperium , nec dextra laboribus impar,Hat tamen agrestum nato moderamina rerum :
Ut quem cura manet rurisque domilsque regendœ ,Consiliis usus patriis, formetur ad artesQuas alii discuntpeccando multa; quietisFon ut amans , vitcegenitor se tradat inerti.
Filius exemplis opulentus et artepaternâ ,
Ruris in imperium succedit; et ubere tellusMesse ferax , dominum non sentit abesse priorem.
( Varier. Præd. rust. L. II. )
{F, D, N. )
CHAPITRE VII.
( 2 5) L’opinion du peuple sur les jours heureuxou malheureux, sur les influences des astres, etsur-tout sur celles de la lune, à l’égard des opé-rations relatives à l’agriculture, est un préjugébien ancien. La curiosité naturelle à l’homme ,le désir de connoître les causes des événemens,la pente qui l’entraîne presque toujours vers lemerveilleux , le portent à recourir à des causesoccultes, à se livrer à des idées superstitieuses ,lorsqu’il ne peut ou ne veut pas se donner la peined’en chercher de raisonnables. Tels sont les pré-jugés répandus sur l’influence de la lune , rela-
Théâtre d’Agriculture, Tome I.
tivement à nombre d’opérations agricoles , pré-jugés qui ont pour base de prétendues observa-tions faites par quelques cultivateurs ignorans ,et qui se sont singulièrement propagés par lavoie des almanachs et d’autres petits livrets oùtoutes ces puérilités sont consignées. Le peupleagricole , qui ne lit que ces sortes d’ouvrages,les croit sans examen : les pères les transmettentà leurs enfans ; voilà une tradition établie , etque les raisonnemens les plus sensés , appuyésmême d’observations contradictoires , aurontbien de la peine à détruire. Il est plus facile d’at-tribuer un événement à une cause occulte, quede se donner la peine de chercher celle qui a vé-ritablement influé. Rien ne favorise davantagela paresse de l’esprit que l’ignorance volontairequi dispense de la réflexion et de l’examen.
Un cultivateur, par exemple, aura remarquéque des bois qu’il avoit fait abattre dans le dé-cours de la lune , ont été plus promptement at-taqués des vers que ceux qui avoient été abat-tus à l’époque de la lune croissante : de cetteobservation isolée, il a conclu, comme règle gé-nérale , qu’il falloit avoir égard aux différentesphases de la lune pour abattre les bois. Il en estde même de toutes les autres remarques relativesaux jours lunaires, plus ou moins favorables auxsemis , aux plantations , à la taille , à la repro-duction des animaux , etc. Posthoc, ergoprop-terhoc, telle est la logique du peuple. On aurabeau lui dire que plusieurs causes naturelles dé-pendantes de la température , de l’exposition ,de la nature du sol, de l’état des animaux, etc .,peuvent occasionner beaucoup de variations dansle succès des travaux champêtres ; on aura beaului citer l’autorité d’agronomes et de cultiva-teurs éclairés qui, par une sorte d’égard pour sespréjugés , n’ont pas dédaigné de les soumettre àl’expérience et à l’observation ; on lui allégueraen vain l’exemple du savant et véridique Du-hamel, qui a eu l’attention , pendant plusieursannées , de tenir un registre exact de l’état desbois qu’il avoit fait abattre à différentes époquesd’une lunaison , et qui s’est assuré que la ver-moulure de ces bois étoit absolument indépen-dante des époques où ils avoientété coupés; quiaainsi soumis à l’observation nombre d’autres pré-jugés populaires sur l’agriculture, dont il a éga-
K